La maison mère de Bjorg veut mettre du bio partout… y compris dans les gares

Avec une croissance de 4,8 % en 2025, Ecotone, le propriétaire de Bjorg confirme la relance du bio en France. Le groupe mise sur de nouveaux réseaux de vente, hors domicile comme la restauration, et les gares pour toucher une plus large cible.

Le numéro un européen du bio, Ecotone, le confirme. La croissance du secteur s’est installée en 2025 dans tous les réseaux de vente, après une reprise l’année précédente.

Son chiffre d’affaires, dont 60 % sont réalisés en France, a augmenté de 4,8 % à 708 millions d’euros l’an dernier, avec sa marque Bjorg, numéro un en GMS et Bonneterre, leader dans les magasins bio.

Des attentes santé

Dans les rayons épicerie en grande distribution, où le groupe est présent avec ses biscuits, son lait végétal, son chocolat, ou son thé Clipper, « la progression est trois fois plus rapide que celle des produits conventionnels, souligne Christophe Barnouin, le président d’Ecotone. Une consommation tirée par les volumes ».

La croissance du marché dans les enseignes s’établit ainsi à 4,6 % contre 1,4 % pour le reste de l’alimentaire. Chez les spécialistes, qui ont fermé de nombreux points de vente ces dernières années, les ventes accélèrent. Elles ont franchi la barre des 4 milliards d’euros, en progression de 7 % (contre 2,2 % en 2024).

Si les Français remplissent de nouveau leur caddie avec des produits bio « dans cette conjoncture morose, cela s’explique d’abord par des attentes en matière de santé, poursuit le dirigeant, et aux inquiétudes liées aux pesticides, aux aliments ultratransformés, et à la qualité de l’eau ».

Le dépôt d’une nouvelle loi Duplomb pour réintroduire notamment l’acétamipride, suscite dans ce contexte « l’incompréhension ». La précédente, invalidée en partie par le Conseil constitutionnel, avait fait l’objet d’une pétition contre de plus de deux millions de Français. « Nous porterons la voix du bio contre cette proposition, indique Christophe Barnouin, mais il faut trouver des solutions pour que les autres pays européens n’emploient pas des substances interdites en France, afin d’empêcher une concurrence déloyale. »

Etre présent partout

Maintenir des prix accessibles, « pour rester compétitif vis-à-vis du conventionnel », et être présent partout où sont les consommateurs, ont été les principaux leviers d’Ecotone l’an dernier.

En grande distribution, le groupe a ainsi sorti il y a un an une nouvelle gamme de laits végétaux du rayon bio pour les mettre à côté des laits UHT. Plus visibles, ces produits à base d’avoine et vanille, ou d’amandes et noisettes ont généré 40 % de la progression des boissons végétales.

Dans le but, d’accroître sa présence pour conquérir de nouveaux clients, la restauration hors domicile (RHD) fait partie des axes stratégiques. Le thé Clipper remplace désormais un thé traditionnel chez McDonald’s, et chez Accor, le lait d’avoine Bjorg est proposé au petit déjeuner. Tandis que dans les gares, les distributeurs Selecta et les Relay proposent aussi ses références bio. « En 2025, nous avons enregistré une croissance sur la RHD entre 30 et 50 %, poursuit le président. Nous avons beaucoup investi dans des équipes commerciales. La révolution alimentaire arrivera parce qu’on proposera des produits différents et sains là où les gens les consomment. »

L’innovation fait aussi partie des priorités, avec une soixantaine de nouveautés l’an dernier. Un mouvement qui se poursuit, avec le lancement prévu en mars de boissons végétales pour les enfants. Bjorg a aussi signé des partenariats avec des biathlètes qui seront présents au JO en Italie.

Pour 2026, Ecotone estime que la demande va continuer à croître entre 3 à 5 %. Mais le groupe alerte sur l’arrêt des fermes bio, et le recul de la surface agricole AB. « L’amont agricole bio est fragile. Il est nécessaire de maintenir le potentiel de production, pour répondre demain aux besoins », insiste Christophe Barnouin. Le marché du bio est estimé à 12 milliards d’euros en France, et regroupe au global 212. 000 emplois.

Par Dominique Chapuis – A retrouver en cliquant sur Source

Source : La maison mère de Bjorg veut mettre du bio partout… y compris dans les gares | Les Echos