Nestlé : le nouveau directeur général dévoile sa stratégie de redressement

Philipp Navratil a annoncé la réorganisation du conglomérat suisse autour de 4 activités, afin de réduire davantage ses coûts. Des cessions d’actifs devraient se concrétiser.

L’annonce était attendue avec impatience par les observateurs, alors que le groupe suisse est de nouveau dans la tourmente après des rappels de laits infantiles. Philipp Navratil, directeur général de Nestlé depuis septembre, a annoncé ce jeudi sa volonté de réorganiser le groupe autour de quatre domaines d’activité, avec la centralisation de fonctions comme le marketing.

Le café (Nescafé, Nespresso et Starbucks notamment) et le petfood (Pro Plan, Purina ONE et Friskies) sont les deux moteurs du groupe. Le nouveau pôle nutrition va, lui, absorber l’ancienne division « Health Science ». « Cela favorisera le recentrage, la simplification et les synergies qui nous permettent d’accélérer la croissance », justifie le groupe. Précédemment, Nestlé avait annoncé une revue stratégique des activités de vitamines grand public aux Etats-Unis.

Quant au quatrième ensemble – produits culinaires et snack -, il s’articulera autour de marques mondiales fortes (KitKat, Maggi) ainsi que de griffes locales (en France, Nesquik, Nestlé Dessert…). Le portefeuille de marques à vocation à être rationalisé.

Après avoir vendu le reste de ses participations dans Herta en fin d’année dernière, Nestlé confirme ainsi « des négociations avancées en vue d’une vente à Froneri du reste de nos activités dans le domaine des glaces ». Il évoque aussi « le processus d’engagement formel avec des partenaires potentiels » pour Nestlé Waters.

Plus proche du consommateur

Parallèlement à cela, le groupe promet d’accroître encore ses investissements dans le marketing et la connaissance des consommateurs. Mercredi en fin de journée, Nestlé a dans cette logique annoncé l’entrée de deux nouveaux membres à son conseil d’administration. Ma. Fatima D. (Fama) Francisco notamment, ex de chez Procter & Gamble (Pampers, Always, Tampax), « apportera sa connaissance approfondie des biens de consommation, qui enrichira nos analyses consommateurs », a expliqué le groupe.

Cette volonté de proximité avec les consommateurs s’accompagne d’un mouvement de décentralisation. Les marchés vont « s’approprier l’exécution au niveau local – et le compte de résultat opérationnel – sans ambiguïté », tandis que « les activités mondiales se limitent désormais à celles pour lesquelles l’envergure et une coordination globale étroite offrent un avantage déterminant ». Exemple cité par le groupe : la nouvelle division Nutrition sera gérée par les zones, et la structure commerciale de Nestlé Health Science, gérée au niveau mondial, sera supprimée.

Le plan d’économie annoncé est aussi en bonne voie. Le groupe suisse confirme un objectif d’économies totales de 3 milliards de francs suisse d’ici fin 2027. « Nous mettons en oeuvre ce programme en urgence et avons déjà réalisé 20 % des économies visées, plus tôt que prévu », se félicite Nestlé.

Priorité aux volumes

Le groupe suisse a publié pour 2025 un bénéfice net en baisse de 17 % à 9 milliards de francs suisses (9,9 milliards d’euros) et un chiffre d’affaires en repli de 2 %, à près de 89,5 milliards de francs suisses. « Les résultats de l’exercice 2025 ont dépassé les attentes sur presque tous les indicateurs clefs », souligne Jean-Philippe Bertschy, analyste chez Vontobel, dans une note.

Au quatrième trimestre, les ventes organiques, qui excluent l’impact des fluctuations monétaires et des acquisitions, ont augmenté de 4 %, dépassant les prévisions de croissance de 3,4 %. Cette progression s’explique par une augmentation des prix de 2,8 %, globalement conforme aux prévisions des analystes, et par une croissance interne réelle (ou volume des ventes) de 1,3 %, supérieure aux prévisions qui tablaient sur une hausse de 0,7 %.

« Même s’il reste encore beaucoup à faire, nous sommes convaincus que la mise en oeuvre plus rapide d’une stratégie plus ciblée permettra d’obtenir une amélioration durable jusqu’en 2026 et au-delà », a déclaré Philipp Navratil. Son groupe vise une croissance organique de 3 % à 4 % cette année, reposant notamment sur une accélération des volumes vendus.

« Ces prévisions incluent l’impact attendu des rétrocessions de vente et des ruptures de stock d’environ -20 points de base à la suite du rappel des laits infantiles. Tout impact supplémentaire demeure incertain et pourrait pousser la croissance organique (OG) vers le bas de la fourchette », prévient Nestlé. Le groupe a dû rappeler récemment des lots de laits infantiles en raison de la présence d’une toxine indésirable.

Par Paul Turban – A retrouver en cliquant sur Source

Source : Nestlé : le nouveau directeur général dévoile sa stratégie de redressement | Les Echos