Sodexo abaisse ses objectifs et plonge en Bourse
Le ralentissement de la croissance du groupe de restauration collective contraint le nouveau patron, Thierry Delaporte, à réviser à la baisse les objectifs de l’exercice 2025-2026. Il présentera en juillet sa feuille de route à moyen terme.
L’exercice 2025-2026 s’annonce comme une année de transition encore plus compliquée que prévu pour Sodexo. Limitée à 1,7 % au premier semestre (clos fin février), soit dans le bas de la fourchette annuelle envisagée, la croissance interne du groupe de restauration collective et de services va encore fortement ralentir d’ici à l’été prochain.
Pour sa première prise de parole auprès des investisseurs depuis son arrivée en novembre dernier, son nouveau patron, Thierry Delaporte, a en effet dû annoncer ce vendredi une révision à la baisse des objectifs annuels et une rentabilité plus faible que prévu. Il présentera sa nouvelle feuille de route à moyen terme le 16 juillet prochain.
En attendant, ces annonces ont fait plonger le titre de Sodexo de près de 19 % à l’ouverture de la Bourse, avant de revenir à une baisse de 12 % en fin de matinée.
Le redressement prendra du temps
L’objectif de croissance organique pour 2026 a été divisé par 2,5 à 3 fois par rapport à ce qui avait été indiqué à l’automne dernier. Elle devrait se situer entre 0,5 % et 1 %, au lieu d’une fourchette de 1,5 % à 2,5 %, sous la pression des difficultés du groupe sur les marchés de l’éducation et des services aux entreprises et en Amérique du Nord.
Cette révision reflète notamment le passage en revue complet de l’activité, « contrat par contrat » et des actifs, précise Thierry Delaporte. La marge d’exploitation devrait tomber sur l’année à une fourchette entre 3,2 % et 3,4 %, au lieu d’être « légèrement inférieure » aux 4,7 % de 2024-2025. Au premier semestre, celle-ci a déjà baissé de 1,4 point, à 3,7 %. Il en résulte un bénéfice net en chute de 56,7 %, à 188 millions d’euros (et -36,7 % pour le résultat net ajusté qui exclut des éléments exceptionnels).
Alors que Sodexo admet sous-performer par rapport à ses concurrents, Thierry Delaporte a reconnu « un fort sens de l’urgence dans la mise en oeuvre de notre plan d’actions pour renouer avec la croissance ». Il prévient que le « redressement ne se fera pas du jour au lendemain ».
Le directeur général pointe des causes « installées de longue date, liées principalement à un niveau d’investissement insuffisant et à des enjeux d’exécution, notamment en matière d’intensité commerciale, de responsabilité, dans la prise de décision, de gestion des priorités et de cohérence dans la mise en oeuvre ».
Il estime que l’entreprise n’était pas assez concentrée sur le client, qui doit être « une obsession », et qu’elle n’a pas montré « assez de faim pour se battre pour lui, anticiper et le surprendre ». Il compte notamment y remédier par une simplification de l’organisation et des processus déjà en cours. L’accélération des investissements technologiques s’y ajoutera. « Je suis confiant, le travail est bien avancé », ajoute-t-il.
L’Amérique du Nord, gros point noir
L’Amérique du Nord, qui représentait environ 45 % du chiffre d’affaires de l’entreprise au premier semestre, demeure le gros point noir. Thierry Delaporte a d’ailleurs repris pour le moment en direct la gestion de la zone qu’il connaît bien. Les deux tiers de l’équipe de direction y ont déjà été changés.
La croissance interne outre-Atlantique a reculé de 1,8 % de septembre à février en raison de la perte de contrats en éducation et dans le pôle entreprises et administrations. Les résultats n’y ont pas non plus été aidés par une base de comparaison élevée pour Sodexo Live !.
Par ailleurs, la renégociation d’un contrat, qui a été « reclassifié » au premier semestre selon le groupe, aura un effet négatif d’un point de pourcentage sur la croissance de l’ensemble de l’exercice.
Du côté des branches, les services de restauration ont connu une progression organique de 0,8 % au premier semestre, alors que les services de « facility management » enregistrent une hausse de 3,6 % grâce à de nouveaux contrats en Europe et dans le reste du monde.
Ces résultats maussades auront également un effet sur le levier d’endettement de l’entreprise. Le ratio d’endettement net sur Ebitda sera supérieur à la fourchette cible de 1 à 2 fois sur l’exercice entier, étant à 2,7 fois au premier semestre.
Sodexo a indiqué qu’il n’était pas pour l’instant affecté de façon significative par le conflit au Moyen-Orient mais n’exclut pas qu’il puisse l’être par ses conséquences macroéconomiques.
Par Clotilde Briard – A retrouver en cliquant sur Source
Source : Sodexo abaisse ses objectifs et plonge en Bourse | Les Echos