Tendances food : ces nouveaux lieux gourmands qui cartonnent en France !
La nourriture n’a jamais occupé autant de place dans nos vies. Si la restauration traditionnelle bat de l’aile, la gourmandise des Français a pris de nouvelles habitudes.
Le monde semble saisi d’une frénésie de nourriture. Les menaces de pénurie (de thé matcha, de pistaches, de concombres…) s’enchaînent, les chefs sont devenus des stars mondiales, les influenceurs food comptent des centaines de milliers d’abonnés, les tendances culinaires – macaron, poke bowl, chocolat de Dubaï, pâtisseries en trompe-l’œil… – se succèdent à un rythme soutenu, tandis que les nouvelles enseignes issues de ces modes transforment profondément la physionomie de nos centres-villes.
Les lieux de snacking les plus fréquentés dans l’Hexagone
- Les boulangeries (52 %)
- Les pizzerias/restaurants italiens (51 %)
- Les enseignes de fast-food (41 %)
Comment la nourriture a-t-elle pris une telle importance dans nos existences ?
« Dès 2010, une émission comme Top Chef a commencé à changer le regard du public sur les chefs, le produit et la façon de le cuisiner, analyse le critique gastronomique au Point, Hugo de Saint Phalle. L’utilisation intensive des réseaux sociaux ces dix dernières années a parachevé le tout en rendant omniprésente la nourriture sur nos écrans. » Signe des temps, la France n’a jamais compté autant d’endroits où manger hors de son domicile (près de 220 000 restaurants). Et dans un secteur que l’on dit à la peine ces dernières années, cinq établissements ouvrent quand quatre ferment.
Bousculées par l’arrivée d’une génération de gourmets très connectés, ces nouvelles adresses ont su s’adapter. « On ne peut plus faire comme il y a dix ou quinze ans, analyse Bernard Boutboul, président du cabinet Gira Conseil. Ce qui marche aujourd’hui, ce sont les enseignes de street food où l’on propose plus qu’un simple repas. » Là où leurs aînés privilégient le meilleur rapport qualité/prix, « les moins de 35 ans, qui forment le socle de la clientèle de demain, recherchent une expérience complète qui se partage, poursuit le spécialiste. Ils veulent une cuisine venue d’ailleurs qui les étonne, dégustée dans un joli décor instagrammable et, si possible, servie par un personnel aux petits soins. Un établissement où l’on ne se contente pas de vous apporter la carte, l’addition, et au revoir. »
Kébab, tacos, koftas : la street-food nouvelle génération conquiert nos villes
Le kébab n’est plus ce qu’il était. Longtemps considéré comme un modèle de malbouffe, ce sandwich d’origine turque a su monter en gamme. De plus en plus de boutiques proposent des spécialités préparées maison par des « maîtres kébabiers » avec des denrées fraîches. Une évolution qui témoigne de l’essor d’une « bouffe de rue » qui s’est ouverte aux cuisines du monde.
Des influenceurs passent de l’écran au restaurant, proposant des enseignes de tacos mexicains, de poulets frits louisianais ou de koftas kurdes. Des pros du marketing, sortis de grandes écoles de commerce, lancent avec succès trattorias italiennes (17 dans toute la France pour le groupe Big Mamma) et chaînes de cantines chinoises (6 adresses à Paris et Marseille pour l’entreprise Bao Family).
Dans la plupart des moyennes et grandes villes, à l’heure du déjeuner, chacun peut désormais se régaler de spécialités thaïlandaises, chinoises, américaines, africaines ou orientales goûteuses et peu coûteuses. « Cette forme de gastronomie répond aux attentes des consommateurs en insufflant de la qualité dans le paysage de la restauration rapide, explique Bernard Boutboul. Les gens sont même prêts à débourser quelques euros de plus pour manger des spécialités différentes et de bonne tenue. »
Et ça marche ! Sur les 35 000 établissements de restauration rapide recensés en France, seuls 2000 à 3000 sont des fast-foods considérés comme « traditionnels » (McDonald’s, Burger King, Quick ou KFC), estime le cabinet d’études Gira.
Halles, bouillons, buffets : la convivialité retrouvée
Pourquoi les halles gourmandes séduisent massivement ?
Parmi les nouveaux lieux qui ont bousculé le paysage de la restauration traditionnelle, les halles gourmandes ont trouvé leur place. Ces espaces où cohabitent comptoirs de nourriture régionale ou internationale, bars et petits commerces de bouche ont connu un essor spectaculaire. D’une poignée il y a dix ans, leur nombre est passé à près de 70.
D’abord implantées à Paris, Bordeaux, Lille ou Marseille, elles ont gagné de plus petites villes comme Angers, Bourg-en-Bresse, Villeneuve-d’Ascq ou Maubeuge.
Souvent installées dans d’anciennes friches industrielles ou d’anciens marchés couverts de centre-ville, ces cantines géantes séduisent par la variété et la qualité de l’offre culinaire qu’elles proposent, mais aussi par la simplicité, la rapidité et l’autonomie du parcours : « Chacun y mange ce qu’il veut, quand il veut, comme il veut, résume Farid El Attar, directeur de la partie gourmande aux Halles de la Cartoucherie, à Toulouse, où 26 stands de restauration et 3 bars coexistent sur près de 3000 mètres carrés. Cela correspond bien aux nouvelles aspirations des tribus familiales ou des groupes d’amis. »
Buffets à volonté : les raisons d’un succès fulgurant
Cette flexibilité est sans doute l’une des raisons du succès des buffets à volonté. Depuis une dizaine d’années, leur nombre a explosé pour atteindre 5000 dans l’Hexagone. « Les gens apprécient le fait de pouvoir gérer leur temps comme ils l’entendent, de connaître le montant de la note en avance et de manger autant qu’ils veulent » souligne Bernard Boutboul.
Si la formule se décline désormais en version gastronomique ou brunch pantagruélique à des tarifs pouvant atteindre 60 à 70 €, l’immuable buffet asiatique a su se renouveler en proposant viandes grillées ou fruits de mer à des prix maîtrisés. « Il y a dix ans, il fallait compter 12 euros en moyenne le midi. Aujourd’hui, c’est 20 euros le midi et 35 euros en moyenne le soir. Ils ont monté l’addition, tout en mettant de la qualité, et les clients ont suivi. »
Le boom des bouillons : des repas réconfortants à prix mini
Des repas accessibles et sans chichis, tel est aussi le credo des bouillons, ces bistrots traditionnels à petits prix, nés au XIXe siècle à Paris. Depuis 2017 et l’ouverture du Bouillon Pigalle dans la capitale, 233 établissements de ce type ont essaimé dans toute la France.
La recette du succès ? « Les prix d’abord mais aussi des plats réconfortants et régressifs rappelant la cuisine familiale. » Comptez entre 2 et 4 euros pour des œufs mayo, 9 et 12 euros pour un bœuf bourguignon-coquillettes et moins de 5 euros pour un dessert. Imbattable si l’on compare à la restauration traditionnelle où le plat du jour seul coûte 17,28 € en moyenne. « Essor des bouillons et retour de l’inflation ont correspondu, confirme Bernard Boutboul. Ils ont aussi permis de faire revenir au restaurant des gens qui n’y allaient plus, faute de moyens. »
Gastronomie asiatique : comment elle est devenue la nouvelle star des Français
Pour goûter à la délicieuse soupe phô préparée une fois par mois chez Chi’s Vietfood, il faudra patienter… six mois ! Ce petit restaurant niché au cœur du 19e arrondissement de Paris a dû ouvrir une liste d’attente. Y figurent déjà plus de 1 500 clients, impatients de tremper leurs lèvres dans ce bouillon aux nouilles et à la viande mijoté vingt heures.
À l’image de ce plat emblématique du Vietnam, la gastronomie asiatique connaît depuis plusieurs années un engouement qui ne se dément pas. En 2019 déjà, deux Français sur trois déclaraient en consommer au moins une fois par mois, et un sur quatre chaque semaine, particulièrement parmi les jeunes et les habitants des grandes villes (Harris Interactive/Deliveroo).
Les raisons invoquées ? Le plaisir de déguster une cuisine « parfumée », « exotique » et « savoureuse ». Les prix aussi, un bol fumant de ramen coûtant souvent moins cher qu’un plat du jour de brasserie.
Le secteur a également su diversifier son offre. Les traiteurs chinois standards cèdent du terrain face à une foule d’établissements monoproduit – bao, bibimbap, raviolis, nouilles, bubble tea – de qualité.
Le nombre d’adresses chinoises, japonaises, vietnamiennes ou coréennes a bondi dans les grandes villes de l’Hexagone pour atteindre 20 000 établissements en 2025, soit 25 % de plus qu’il y a cinq ans. Depuis l’an dernier, figurent même dans la liste des plats à emporter préférés des Français les sandos et les banh mi – des sandwichs japonais et vietnamiens – savoureux et pratiques à déguster à l’heure du déjeuner.
Le burger, plus populaire que jamais
Son succès ne s’est jamais démenti. Le burger, à engloutir sur le pouce ou à déguster dans une brasserie, continue de régner sur les déjeuners et dîners des Français, hors de chez eux.
En 2023, il s’en serait écoulé pas moins de 1,5 milliard dans l’Hexagone, soit près de 25 burgers par an et par personne !
Désormais, il se décline à l’envi, plus original et gourmand, troquant son classique pain blanc pour des buns briochés, parfois parfumés au levain ou au sarrasin, ou carrément remplacé par des galettes de pomme de terre. Les garnitures aussi s’adaptent aux goûts du moment : si le poisson et le poulet frits ont la cote, des versions végé, terroir (au chèvre, à la raclette ou aux cèpes…) ou exotiques ont fait leur apparition sur les cartes pour contenter tous les palais.
Outre son prix modeste, cette adaptabilité est sans doute l’une des clés de sa réussite. « Au fond, l’époque est à la revisite des grands classiques » remarque le journaliste Hugo de Saint Phalle.
Dernières tendances en cours : le « smash burger » où le steak haché, écrasé sur une plaque très chaude, prend une texture croustillante et un goût caramélisé.
Italie : la grogne monte contre l’explosion du tourisme gastronomique
À Rome, la grogne monte contre les hordes de touristes débarquant en quête de trattorias où déguster les meilleures pastas et pizzas. Ces dernières années, les circuits offrant de découvrir la ville par sa gastronomie et ses vins se sont multipliés. Il faut dire que la formule fait recette : sur les quatre premiers mois de l’année 2025, le tourisme œnogastronomique pesait neuf milliards d’euros en Italie. Ce phénomène de « foodisation » touche d’autres villes italiennes, comme Naples, Florence ou Palerme, où les enseignes culinaires prolifèrent au détriment des commerces de quartier. Avec le risque d’une uniformisation de l’offre.
Les cuisines préférées des Français
Les cuisines préférées des Français
- La cuisine française
- La cuisine chinoise
- La cuisine italienne
Source : Statista 2025
Les trois plats plébiscités
- La pizza
- Le kébab
- Le burger
Consommé hors domicile ou en livraison, source : Statista 2025.
Le burger
Le burger est à la carte de 75 % des restaurants en France.
Source : Cabinet Gira
Source : Buffets, bouillons, halles… : ces nouveaux lieux gourmands qui cartonnent en France !