Burger King, Hippopotamus, Paradis du Fruit : comment le Groupe Bertrand veut multiplier ses ouvertures de restaurants franchisés
Le groupe, qui appose ses marques sur 1.200 restaurants, lance notamment un fonds de développement pouvant doubler l’apport de certains candidats à la franchise. Une manière de faciliter les 150 ouvertures prévues cette année pour ses onze enseignes.
L’idée trottait depuis un moment dans la tête du Groupe Bertrand. L’entreprise, dont le portefeuille de onze enseignes compte aussi bien Burger King qu’Hippopotamus ou le Paradis du fruit, a décidé d’accélérer le pas pour lancer dès ce semestre un « fonds de développement franchise ». Le principe : mettre en place un dispositif pour ceux qui voudraient ouvrir un restaurant sans avoir un apport suffisant. A condition que le reste du projet soit solide, de l’emplacement prévu aux compétences managériales.
Dans une conjoncture économique devenue plus compliquée, le fonds permettra de doubler l’apport pour que le candidat à l’ouverture d’un établissement puisse présenter aux banques un dossier complet et n’ait pas une trésorerie trop tendue au départ. Ce prêt prendra la forme d’obligations subordonnées remboursables à la fin du contrat de franchise, soit dix ans.
« C’est un outil qui n’existe pas dans la restauration. Notre proposition se veut différenciante », souligne Christophe Gaschin, le directeur général du Groupe Bertrand et de Bertrand Franchise. Dix à vingt dossiers devraient bénéficier de ce soutien en 2026. Des premiers candidats ont déjà été présélectionnés.
Bertrand Franchise, qui appose ses marques sur près de 1.200 restaurants opérés à 90 % en franchise et a enregistré l’an dernier des ventes sous enseigne de quelque 3 milliards d’euros, veut ainsi aller un cran plus loin dans l’accompagnement de ses franchisés.
Un cabinet de recrutement pour trouver les salariés
Il faut dire que le groupe fondé par Olivier Bertrand prévoit 150 ouvertures cette année contre 100 en 2024 tout comme en 2025. Alors que de nombreux réseaux, généralement mono marques, affichent aussi de fortes ambitions.
Dans la bataille menée sur un marché très concurrentiel, d’autres évolutions sont également au menu. Depuis le 1er février, les redevances perçues lors des deux premières années deviennent variables et progressives pour que l’établissement et son propriétaire puissent prendre leurs marques. « Il faut pouvoir s’adapter à la réalité du terrain pour donner plus d’agilité et améliorer la rentabilité dès le début », estime Christophe Gaschin.
La plus grosse plateforme de marques du secteur a également musclé ses mécanismes de formation. Et a créé cette année un cabinet interne de recrutement pour aider les franchisés à trouver leurs salariés et réduire les délais d’embauche.
L’autre cheval de bataille du groupe, dont les ventes globales sous enseigne ont progressé d’environ 7 % l’an dernier en incluant la partie « Hospitality » détenue en propre – qui compte aussi bien des brasseries et restaurants emblématiques parisiens comme le Procope, la Brasserie Lipp ou la Coupole que les salons de thé Angelina -, porte sur la diversification de l’offre proposée en franchise.
A côté des enseignes déjà bien installées que sont Burger King – dont il a la « master franchise » pour la France et qui représente plus de la moitié des quelque 1.200 points de vente -, Léon, sur le segment du poisson, ou Au Bureau, sur le créneau des pubs, l’entreprise a récemment développé deux concepts avec le chef Mohamed Cheikh, le vainqueur de l’émission « Top Chef » en 2021.
Accélération de l’innovation
L’un, Meatpack Steakhouse, se focalise, dans la restauration à table, sur la viande avec un positionnement urbain et premium. L’autre, Chik’Chill espère bien profiter, dans la « street food », de l’appétit des consommateurs pour le poulet. Ce dernier vient d’inaugurer une deuxième adresse à Vélizy 2.
Bertrand Franchise avait également pris l’an dernier une part au capital de l’enseigne Crêpe Touch. Auparavant, il avait gagné du poids dans la cuisine asiatique en rachetant notamment Hanoï Café et Pitaya. Chez ce dernier, il a retravaillé le concept pour le rendre plus immersif et raccourci la carte pour disposer d’une offre plus lisible pour les clients et plus facile à réaliser pour les équipes.
« L’innovation s’est accélérée dans nos métiers, constate Christophe Gaschin. Les gens vont au restaurant pour vivre un moment intégrant autant le concept que les produits ou la rapidité du service. Quelle que soit l’enseigne, il ne faut jamais être segmentant mais savoir rester accessible au plus grand nombre. »
Le groupe compte aussi sur la montée en puissance de son application La Bonne App lancée l’an dernier autour de quatre de ses enseignes pour fidéliser les consommateurs de la restauration à table. Deux autres marques, Joyo et Le Paradis du fruit, les rejoindront dans l’année. Une manière de capitaliser sur la force du groupe.
Par Clotilde Briard – A retrouver en cliquant sur Source