Le marché des bières entrevoit le début d’une reprise, La Goudale et Heineken parient sur l’innovation

Dans un contexte de marché encore mitigé mais mieux orienté qu’il y a deux ans, les fabricants de bières parient sur l’innovation pour retrouver de la vitalité. Au programme de cette année, de nouvelles recettes et des extensions de formats.

 

Le marché des bières entrevoit le début d’une reprise, La Goudale et Heineken parient sur l’innovation

Petite éclaircie sur le marché des bières, avec une petite hausse des ventes de 0,2 % en volume.

Avec des ventes en valeur et en volume en hausse de 0,2 % en 2025, tous circuits en GMS, selon le panéliste NielsenIQ, les brasseurs retiennent leur souffle. « Ce n’est pas extraordinaire, mais c’est mieux qu’en 2024 », note Philippe Collinet, directeur de la communication des Brasseries Kronenbourg.

La GMS représente à elle seule 75 % du marché de la bière. Mais, dans le circuit hors domicile (CHR) où les brasseurs écoulent 25 % de leurs liquides, les volumes baissent de 1,5 %, selon Brasseurs de France. Malgré la météo favorable en 2025, la conjoncture et les contraintes liées au pouvoir d’achat ont, dans ce circuit, pénalisé le marché.

Certains segments jouent cependant un rôle d’accélérateur. À commencer par les bières de spécialité qui pèsent 2,6 milliards d’euros (sur un total de 4,1 milliards), selon NielsenIQ. Dans cette catégorie, on retrouve toutes celles ayant une caractéristique particulière : degré d’alcool élevé, recette spécifique, aromatisation ou origine marquées… Sur ce segment, La Goudale revendique une part de marché en volume de 14 % et de 8 % sur le marché total de la bière.

Avec des ventes en hausse de 13,8 % en volume et de 10,9 % en valeur, la brasserie dirigée par André Pecqueur poursuit l’essor de son offre. Un succès qui repose sur une stratégie claire : proposer un rapport qualité/prix très ­compétitif. Historiquement issue d’une culture MDD via la Brasserie Saint-Omer, l’entreprise a déployé ses marques en conservant une logique de prix accessibles. Ainsi, « la bouteille de 75 cl de La Goudale est autour de 2,50 €, quand nombre de bières de spécialité se situent plutôt entre 3 et 4 €, voire davantage », observe Jean-François Guisnel, directeur commercial de La Goudale.

Autre axe clé : le sans-alcool, à 201,5 millions d’euros de CA (+ 10,2 %) et + 11,1 % en volume. À l’inverse, les bières dites de luxe (qui contiennent moins de 5 % d’alcool) et spéciales (entre 5 % et 6 % d’alcool) s’inscrivent respectivement en baisse de 4,4 % et 3 % en volume.

Moins d’attrait des blondes classiques

Faut-il voir dans ces derniers chiffres, une évolution de fond ? Le directeur commercial de La Goudale s’y risque. « Les bières blondes classiques intéressent de moins en moins les consommateurs », dit celui qui opère sur le marché depuis presque trente ans. De fait, selon un classement par marques en CAD au 28 décembre 2025 de NielsenIQ que s’est procuré LSA, Heineken recule de 9,1 % en valeur et de 8,7 % en volume, Kronenbourg perd respectivement 8,1 % et 9,1 %, tout comme Pelforth qui plonge de 17,8 % et de 19 %.

Malgré tout, représentant 53,6 % des achats de boissons alcoolisées en 2025 (selon Circana), la bière conserve un poids structurel dans le panier des Français. « C’est même le seul liquide alcoolisé qui voit ses ventes progresser », pointe Philippe Collinet. « Les relais de croissance existent, et c’est ce qui nous rend optimistes. Le marché ne fait que se réinventer », estime Véronique Debs, directrice générale de la Brasserie Meteor. Ainsi, la société alsacienne a annoncé un investissement de 12 millions d’euros dans une nouvelle salle de brassage sur son site de Hochfelden (67). Avec cet outil, sa capacité passera à 750 000 hectolitres.

 

Les chiffres clés

  • + 0,2 % : l’évolution du chiffre d’affaires des bières, à 4,1 Mrds €
  • + 0,2 % : l’évolution en volume, à 1,2 Mrd de litres

Le sans-alcool et les bières de spécialité en moteurs

CA des différents segments des bières, en M € ou Mrds €, et ventes en volume, en Ml, et évolutions en 2025, en %

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Source : NielsenIQ, CAD au 28.12.2025, tous circuits GMS

 

Conçues pour les goûts des Français

Parmi les signaux encourageants, le travail d’innovation des industriels a porté ses fruits. En 2025, les nouveautés ont contribué à 1,4 % des volumes, soit une part presque deux fois plus importante qu’avant le Covid. Chez Brasseries Kronenbourg, selon NielsenIQ en CAD au 28 décembre 2025, les ventes croissent de 2,8 % en volume et de 2,5 % en valeur. Le numéro deux du marché (24,5 % de PDM en volume) gagne 0,5 % en volume grâce à la croissance des marques Anosteké, Brooklyn et La Bête. « Avec plus de 1 million d’acheteurs et un taux de réachat de 39 %, Somersby est aussi un lancement réussi », se réjouit Philippe Collinet.

La marque, qui est arrivée avec trois variétés conçues pour la France (pomme, citron-yuzu et framboise-grenade) en pack de trois bouteilles, se décline cette année en bouteilles par 6 x 27,5 cl et en canettes par 6 x 33 cl. Mais en 2026, la grosse actualité est la proposition de Tourtel sans sucres (citron et framboise), avec du sucralose.

Pour le numéro un du marché, le groupe Heineken (26,8 % de PDM en volume), dont les ventes ont, toutes marques confondues en GMS, reculé de 8,8 % en volume et en valeur, la mobilisation est au rendez-vous. Le brasseur néerlandais, qui a annoncé un plan de restructuration mondial (6 000 suppressions de postes, soit 7 % de ses effectifs), doit renouer dans l’Hexagone avec une « trajectoire de croissance », d’après Annick Vincenty, sa présidente en France. Et pour cela, le brasseur ne manque pas d’atouts. « Heineken est porté par un portefeuille de marques parmi les plus complets, couvrant tous les univers de la bière, de la lager à la craft, en passant par celles de spécialité, et par une capacité d’innovation continue », rappelle Mimi Tran, directrice marketing de Heineken France.

Le lancement majeur cette année est la Heineken Blonde de Blé, pensée pour le marché français. La recette est brassée avec du malt d’orge et de blé et s’appuie sur des houblons Citra et Cascade, qui apportent des touches d’agrumes. « L’objectif est de proposer une bière plus premium, avec davantage de caractère, et d’ouvrir un nouveau territoire pour la marque », explique Mimi Tran. « 2026 s’impose comme une année d’accélération pour Heineken France », conclut-elle.

Par Marie Cadoux – A retrouver en cliquant sur Source

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