Moins de bière, plus de soft : le brasseur danois Carlsberg tiré vers le haut par les boissons sans alcool
Le brasseur danois se félicite de l’intégration plus rapide que prévu de Britvic, le fabricant britannique des sirops Teisseire. Malgré un marché de la bière toujours déprimé, les catégories premium tirent les revenus de Carlsberg.
Grâce à l’acquisition du fabricant britannique de boissons non alcoolisées – dont les sirops Teisseire – Britvic, Carlsberg a annoncé ce mercredi une hausse de 4 % de son bénéfice net annuel en 2025. Celui-ci s’est établi à plus de 7,58 milliards de couronnes (1 milliard d’euros), contre 7,28 milliards l’année précédente.
En omettant l’intégration de Britvic et la fin du partenariat de licence exclusif avec San Miguel au Royaume-Uni, les volumes vendus ont résisté (-0,6 %), alors que le chiffre d’affaires a progressé (+1,1 %). En les prenant en compte, les volumes déclarés ont crû de 17,7 % et les revenus de 18,8 %, à 89,1 milliards de couronnes (environ 12 milliards d’euros), légèrement moins que le consensus d’analystes Factset, qui tablaient sur 89,3 milliards.
Poussé du soft
Les ventes de bière ont reculé, à 99 millions d’hectolitres en 2025 contre 101,2 en 2024. Mais cela a été compensé, dans les revenus, par la croissance des segments les plus rémunérateurs : bières premium, hors San Miguel (+5 %) et bières sans alcool (+4 %), notamment en Europe. Avec Britvic, les ventes de boissons non alcoolisées ont quasiment été multipliées par deux, passant de 24,5 à 49 millions d’hectolitres.
En Europe occidentale, plus de 55 % des volumes régionaux sont désormais des boissons sans alcool, comme les sirops Teisseire. « L’intégration progresse plus vite que prévu, et nous concrétisons des synergies plus tôt et à un niveau supérieur à ce qui était initialement anticipé », s’est félicité le directeur général du groupe, Jacob Aarup-Andersen. Le groupe affirme avoir réalisé 30 % des économies espérées par ce rapprochement, contre 10 %-15 % initialement estimés pour 2025.
Prévisions prudentes
Jacob Aarup-Andersen a confirmé les informations selon lesquelles Carlsberg étudie différentes options pour sa filiale indienne, y compris une possible introduction en Bourse, tout en précisant qu’aucune décision définitive n’a encore été prise. L’entreprise a connu une croissance rapide depuis son implantation en Inde en 2006.
Pour l’année en cours, le brasseur danois s’attend à une croissance comprise entre 2 % et 6 % de son résultat opérationnel, qui s’est établi à 13,35 milliards de couronnes (1,79 milliard d’euros) en 2025. Une fourchette élargie (3 %-5 % auparavant), qui témoigne de la prudence du brasseur quant à la demande pour ses boissons. Le secteur fait face à un repli de la consommation d’alcool.
Les ventes de ses concurrents Heineken et AB InBev ont également souffert de l’érosion de la confiance des consommateurs. Heineken a annoncé le mois dernier le départ soudain de son PDG, Dolf van den Brink, qui peinait à relancer la croissance, malgré sa stratégie visant à inciter les consommateurs à se tourner vers des bières haut de gamme et à s’implanter sur les marchés émergents.
Par Paul Turban – A retrouver en cliquant sur Source