Pénalisé par la déprime du marché de la bière, Heineken va supprimer 5.000 à 6.000 postes

Le brasseur néerlandais, confronté à une faible demande de bière, veut accroître sa productivité en réduisant les coûts et en simplifiant son organisation internationale.

Tout comme ses concurrents, le brasseur néerlandais Heineken fait les frais de la faible demande de bière. Le groupe, qui emploie 87.000 personnes dans le monde, annonce ce mercredi matin des suppressions d’emplois à l’occasion de la publication de ses résultats.

Au cours des deux prochaines années, ce sont entre 5.000 et 6.000 postes qui devraient être supprimés, précise le groupe. Soit entre 6 et 7 % de ses effectifs mondiaux. Une décision qui s’inscrit dans une nouvelle stratégie destinée à accroître la productivité. Le titre gagnait près de 4 % dans la matinée.

Des suppressions qui pourraient surtout toucher l’Europe

Le brasseur néerlandais n’a pas tenu à préciser, ni dans son communiqué ni lors d’une conférence de presse qui s’est tenue dans la matinée, ni les types de postes qui seront touchés, ni dans quels pays les coupes d’effectifs seront réalisées. Pour autant, lors de cette conférence téléphonique, Harold van den Broek, le directeur financier du groupe a laissé entendre qu’une grande partie de ces suppressions pourraient concerner le Vieux Continent.

« Nous constatons la nécessité de vraiment maîtriser les coûts en Europe, car le consommateur reste très sensible aux prix », explique-t-il en soulignant que cela oblige l’entreprise à modérer les hausses de prix dans cette partie du monde qui, rappelle-t-il, « représente une part importante » de l’activité de Heineken. Pour autant, le résultat d’exploitation y a reculé de 4,9 %.

En tout état de cause, cette décision n’est pas une totale surprise même si l’ampleur est inattendue. Le brasseur avait en effet commencé à tailler dans ses effectifs l’automne dernier. Il avait alors supprimé 400 personnes au siège de l’entreprise, où travaillaient environ1.750 salariés. Et a confirmé ce mercredi son intention de déménager son siège social pour des locaux plus petits.

Le brasseur compte aussi s’appuyer, pour réduire ses coûts, sur l’automatisation de nombreux processus de la chaîne d’approvisionnement des brasseries, le recours à l’IA en matière de marketing et la fermeture des divisions qui ne sont plus en croissance. Autant de mesures destinées à permettre à Heineken d’économiser entre 400 et 500 millions d’euros par an.

« Des conditions de marché difficiles »

Ces réductions de coûts et ces simplifications doivent permettre de faire face à ce que le groupe qualifie lui-même de « conditions de marché difficiles ». De fait, même s’il a ce mercredi annoncé un bénéfice d’exploitation annuel en hausse de 4,4 %, supérieur aux prévisions, le groupe affiche une chute de 2,4 % des volumes globaux de bière en 2025, chute particulièrement sensible en Europe et en Amérique.

Et Heineken a revu à la baisse ses prévisions pour 2026 : il s’attend désormais à une croissance de ses bénéfices comprise entre 2 % et 6 %, au lieu des 4 % à 8 % initialement prévus. « Nous restons prudents dans nos prévisions à court terme concernant les conditions du marché de la bière », a déclaré le directeur général Dolf van den Brink, qui quittera ses fonctions le 31 mai prochain.

Par Les Echos – A retrouver en cliquant sur Source

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