Perrier, San Pellegrino : Nestlé aurait relancé la recherche d’un investisseur partenaire
Nestlé a invité les éventuels investisseurs intéressés par une participation dans sa filiale eaux à présenter une première offre rapidement, selon Bloomberg. Plusieurs fonds ont fait part de leur intérêt.
Les derniers freins réglementaires levés, Nestlé relancerait-il déjà la recherche d’un partenaire pour sa filiale dédiée aux eaux en bouteille ? Le groupe suisse, en pleine rationalisation de son portefeuille, a invité les acquéreurs potentiels d’une partie de Nestlé Waters à soumettre une première offre ce mois-ci, selon des sources proches du dossier citées par Bloomberg.
Les fonds de capital-investissement PAI Partners, Blackstone Inc., KKR & Co., Bain Capital et Clayton Dubilier & Rice ont manifesté leur intérêt pour cet actif, comme l’avait précédemment rapporté Bloomberg News. La valeur totale de son activité eaux, qui regroupe notamment les marques Perrier, Vittel, Contrex, Hépar ou encore San Pellegrino, est estimée à 5 milliards d’euros (5,8 milliards de dollars).
Un deal à plusieurs milliards
Selon Bloomberg, Nestlé est accompagné par Rothschild & Co. Les banquiers travaillent sur un financement de 2 à 3 milliards d’euros pour soutenir une éventuelle transaction, toujours selon les sources de Bloomberg. Ce financement devrait prendre la forme de prêts à effet de levier, en euros et en dollars. Cela représenterait environ quatre à six fois le résultat d’exploitation (avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) de la division eau, qui s’élève à environ 500 millions d’euros, selon une source.
Les discussions sont en cours et aucune décision définitive n’a été prise concernant la taille de la part à céder, ou le calendrier de cette opération, ont indiqué les mêmes sources. Un porte-parole de Rothschild n’a pas répondu dans l’immédiat. Sollicité par « Les Echos », Nestlé n’a pas commenté.
Incertitudes réglementaires levées
Ce genre d’accord n’est pas nouveau pour Nestlé. Le groupe a ainsi noué en 2016 un partenariat à 50-50 avec PAI Partners – qui ne cache pas son intérêt pour Nestlé Waters – dans les glaces au sein de Froneri ou encore avec Lactalis en 2006 dans les produits frais avec une répartition de 60 % pour le numéro 1 mondial du lait et 40 % pour Nestlé. L’entreprise suisse a également cédé en décembre les 40 % qu’elle détenait dans une coentreprise créée en 2019 avec l’entreprise familiale espagnole Casa Tarradellas pour exploiter Herta.
Pour les eaux, le processus est lancé depuis longtemps. Les activités ont été placées dans une entité séparée début janvier 2025, avant que le directeur général de l’époque, Laurent Freixe, annonce la recherche d’un partenaire mi-février. Mais il y a quelques semaines encore, des sources au fait du dossier indiquaient aux « Echos » que le dossier était au point mort, les négociations avec d’éventuels acquéreurs n’ayant pas encore été réellement entamées.
Il faut dire que l’horizon de Nestlé Waters restait alors brouillé par l’attente du renouvellement d’autorisation d’exploitation pour Perrier, Vittel et Hépar avec l’appellation « eau minérale naturelle ». Après avoir utilisé pendant des années des systèmes de filtration interdits pour cette catégorie de boisson, Nestlé Waters a été contraint de se mettre aux normes. Malgré les critiques de ses concurrents, l’installation de systèmes de microfiltration à 0,45 micron, plus fins que la moyenne des autres minéraliers, a été approuvée par les autorités en fin d’année dernière. De quoi rassurer d’éventuels investisseurs.
Avec Bloomberg
Par Paul Turban – A retrouver en cliquant sur Source
Source :