Titres-restaurant : Edenred démontre la solidité de son modèle face aux turbulences réglementaires
Malgré une année marquée par des réformes réglementaires défavorables, Edenred a atteint tous ses objectifs financiers. De quoi soigner des actionnaires maltraités en Bourse.
Au terme d’une année bousculée par des réformes réglementaires défavorables, Edenred peut se targuer d’avoir réalisé des performances d’excellente facture lui donnant les moyens de tenir son cap. Le spécialiste français des titres-restaurant et autres avantages aux salariés a atteint l’ensemble de ses objectifs opérationnels et financiers.
Son chiffre d’affaires opérationnel atteint 2,73 milliards d’euros, en progression de 6,2 % en données comparables. Il reste en hausse de 4,7 % en données publiées, malgré l’impact du plafonnement des commissions marchands depuis le 1er septembre 2025 en Italie. Le groupe a aussi renforcé sa profitabilité grâce à une discipline sur les coûts : il affiche un excédent brut d’exploitation (Ebitda) record de 1,36 milliard d’euros, en hausse sur un an de 11,2 % en données comparables et de 7,5 % en données publiées.
« Notre présence dans 44 pays auprès de plus de 60 millions de salariés, avec un portefeuille de solutions diversifiées, – aussi bien dans le domaine des avantages aux salariés que de la mobilité qui affiche une progression à deux chiffres de ses revenus opérationnels -, nous permet de générer de la croissance profitable et durable malgré les évolutions réglementaires », conclut Bertrand Dumazy, PDG d’Edenred, qui a gagné plus de 700.000 utilisateurs en 2025.
Dividende en hausse
L’annonce de ces performances a fait grimper le titre d’Edenred en Bourse de plus de 7% mardi matin. Son cours a cependant perdu près de 40 % sur un an. Dans ce contexte de défiance, Edenred prend soin de faire profiter ses actionnaires de ses performances en leur proposant un dividende en hausse de 10 % à 1,33 euro par action au titre de 2025. Il faut dire que ces derniers devront encore patienter une année avant de voir Edenred se remettre complètement des affres réglementaires italiennes mais aussi brésiliennes.
Dans ce pays qui contribue à hauteur de 10 % du chiffre d’affaires du groupe, le président Lula a publié en novembre dernier un décret prévoyant que le taux plafond pour les commissions versées par les commerçants devrait être divisé par deux par rapport à la pratique actuelle, et les délais de règlement raccourcis de moitié. Edenred et son concurrent Pluxee ont obtenu une suspension de ce décret et un jugement sur le fond n’est pas attendu avant la fin de l’année.
Néanmoins, « l’Etat brésilien peut faire appel et il peut se passer encore beaucoup de choses, prévient Bertrand Dumazy. Nous avons donc préféré intégrer dans notre guidance le scénario juridique le plus défavorable, avec une application du décret tel que publié. » Edenred confirme ainsi une baisse de l’Ebitda en 2026 comprise entre -8 % et -12 % en données comparables. Mais un retour à une fourchette comprise entre 8 % et 12 % en 2027 et 2028.
Pleins feux sur l’IA et la data
Le PDG d’Edenred égrène les raisons de son optimisme au-delà de l’année en cours : « La croissance d’environ 15 % des activités avantages aux salariés et mobilité au Brésil démontre que nos solutions sont plébiscitées. Alors que seule la moitié des 40 millions de travailleurs brésiliens éligibles bénéficie du programme d’alimentation pour les travailleurs (PAT), le travail de pénétration auprès des PME mérite d’être poursuivi », souligne-t-il.
Ce taux de pénétration est même inférieur dans de nombreux pays, dont l’Italie, malgré sa législation désormais moins favorable. La France aussi, avec 28 % de salariés déjà servis seulement, et dont le projet de réforme du titre-restaurant, qui devrait revenir au Parlement d’ici la fin de l’année, semble au contraire de bon augure pour Edenred et ses concurrents.
Le groupe s’estime d’autant en meilleure position pour prendre la vague qu’il a pu réduire de 31 % sa dette nette et que ses performances lui ont permis d’accroître de 2,3 points sa marge d’Ebitda opérationnel à 41,4 %. Il a ainsi pu générer plus de trésorerie disponible : 1,1 milliard d’euros soit une hausse de 34 %.
Cet argent le met en mesure de multiplier par 6 ses investissements dans la data et l’intelligence artificielle d’ici à 2028 afin d’améliorer l’accueil téléphonique sur ses plateformes et de personnaliser davantage les offres. Reste à savoir si cela suffira à convaincre les investisseurs et à redonner des couleurs au titre d’Edenred.
Par Ninon Renaud – A retrouver en cliquant sur Source
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