Titres-restaurant : la grande distribution capte près de 44 % des usages, un basculement désormais massifTitres-restaurant : la grande distribution capte près de 44 % des usages, un basculement désormais massif

Selon une étude Openeat, les titres-restaurant sont aujourd’hui utilisés davantage en supermarché qu’au restaurant. Derrière cette mutation rapide, un outil devenu central dans les arbitrages de pouvoir d’achat… et un sujet de réforme hautement sensible.

Titres-restaurant : en 2026, 44 % des dépenses sont réalisées en supermarché, confirmant le basculement des usages vers la grande distribution.

Le mouvement s’accélère. En 2026, 44 % de l’usage des titres-restaurant se fait en supermarché, contre 31 % en restaurant et 25 % dans les commerces alimentaires, selon un baromètre réalisé par l’institut Selvitys pour Openeat auprès de 2 000 salariés. Il y a encore deux ans, la grande distribution ne pesait que 36 % des usages. Le basculement est désormais acté : le titre-restaurant est devenu un outil de courses.

La transformation se lit aussi dans la nature des achats. Un salarié sur deux (50 %) utilise ses titres pour acheter des produits non directement consommables (pâtes, riz, viande ou produits frais). Un usage qui consacre la mutation du dispositif en véritable levier de budget alimentaire du quotidien, bien au-delà du seul déjeuner.

Un outil de pouvoir d’achat plébiscité… et optimisé

Dans un contexte de pression sur les dépenses, le titre-restaurant s’impose comme un avantage clé. 86 % des salariés le considèrent comme un avantage social important, et 87 % estiment qu’il améliore leur pouvoir d’achat. Concrètement, 78 % déclarent qu’il les aide à mieux faire leurs courses alimentaires, tandis que 76 % y voient un moyen de manger correctement le midi. 77 % le considèrent comme un élément structurant de leur rémunération.

Dans les usages, le glissement est net : 39 % des bénéficiaires voient désormais le titre-restaurant comme un indispensable pour leurs courses alimentaires, devant 31 % qui l’utilisent pour se faire plaisir le week-end ou en vacances, et 30 % qui en font leur moyen de paiement privilégié pour déjeuner.

Cette appropriation s’accompagne d’une attente forte de souplesse. 77 % des salariés refusent un retour à un titre-restaurant utilisable uniquement au restaurant, tandis que 93 % se déclarent favorables à son utilisation le dimanche et les jours fériés. Autre point de friction : 8 salariés sur 10 souhaiteraient bénéficier de titres-restaurant sans prélèvement sur leur salaire, signe d’une tension persistante sur le pouvoir d’achat.

Une bataille d’usage encore ouverte

Pour autant, l’ancrage du titre-restaurant dans la grande distribution ne signe pas la fin de son usage initial. 23 % des salariés se disent favorables à un retour à un titre utilisable uniquement au restaurant, preuve qu’un socle d’attachement subsiste.

Mieux : 40 % des salariés choisiraient un titre 100 % restaurant s’ils en avaient la possibilité, une proportion en progression de 10 points en un an (30 % en 2025) et de 17 points depuis 2024 (23 %). Les motivations sont multiples : le plaisir du repas (38 %), le besoin de décompresser (36 %), mais aussi la qualité nutritionnelle (29 %) et, pour 26 % d’entre eux, le soutien aux restaurateurs de proximité.

Ce tropisme restaurant reste toutefois minoritaire : 60 % des salariés privilégieraient toujours un titre alimentaire, même si ce chiffre recule nettement (70 % en 2025, 77 % en 2024). Des écarts apparaissent selon les profils : le choix du titre restaurant est 15 % plus fréquent chez les salariés du public, tandis qu’en province, le titre alimentaire est 26 % plus plébiscité qu’en Île-de-France.

Un enjeu direct pour la grande distribution

Au-delà des usages, l’efficacité du dispositif progresse. Seuls 31 % des utilisateurs disposent encore d’un solde inférieur à 50 €, contre 52 % en 2024, signe d’une meilleure consommation des montants disponibles. À l’inverse, 11 % des salariés conservent plus de 200 € sur leur carte, preuve que des marges d’optimisation subsistent.

Pour la grande distribution, l’enjeu est considérable. L’extension de l’usage des titres-restaurant en magasin constitue un levier direct de trafic et de soutien à la consommation alimentaire, dans un contexte de tension sur les volumes.

Reste que ce basculement se joue dans un cadre incertain. Alors que le gouvernement travaille à une réforme du dispositif, les arbitrages à venir détermineront si cette montée en puissance de la grande distribution dans l’usage des titres-restaurant est appelée à s’inscrire dans la durée… ou à être partiellement rééquilibrée sous la pression du secteur de la restauration.

Titres-restaurant : ce qui reste autorisé jusqu’à fin 2026

  • En supermarché : achat autorisé de tous les produits alimentaires
  • Produits concernés :plats prêts à consommer (salades, sandwichs…) + produits non directement consommables (pâtes, riz, huile, farine, œufs…)
  • Toujours interdit : alcool, produits non alimentaires
  • Où les utiliser : restauration + grande distribution

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