Tourisme : malgré l’incertitude, les tour-opérateurs résistent
Les voyagistes ont enregistré une hausse de 4 % de leur chiffre d’affaires pour la saison 2024-2025, selon le Syndicat français des entreprises du tour-operating. Si la tendance reste haussière pour les réservations hiver et été 2026, le contexte géopolitique génère tout de même de l’attentisme chez les voyageurs.
Les voyagistes tiennent bon. Malgré l’incertitude économique et géopolitique, les vacances restent sacrées pour les Français : au cours de l’exercice 2024-2025 (du 1er novembre 2024 au 31 octobre 2025), les membres du Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto) ont enregistré un chiffre d’affaires en hausse de 4 %, à environ 4,3 milliards d’euros, et ont fait voyager 2,9 millions de personnes.
Parmi les destinations phares, l’Espagne fait la course en tête de la catégorie moyen courrier : 504.080 clients ont choisi d’y séjourner (+2 %). Sur le long courrier, l’île Maurice se hisse au premier rang, malgré une légère baisse de -1,6 % (73.951 voyageurs).
La tendance haussière se poursuit pour les réservations hiver et été 2026. Pour les départs sur la période allant du 1er novembre 2025 au 30 avril 2026, les tour-opérateurs ont pour l’heure réalisé un chiffre d’affaires de 1,49 milliard d’euros, soit une hausse de +8,9 %.
L’Egypte en vedette
« On constate globalement que l’industrie se porte correctement, il y a des plus et des moins selon les destinations, mais tout de même près de 9 % de passagers en plus », commente Patrice Caradec, président du Seto. Tous les segments – à l’exception des circuits, en stagnation – progressent, en particulier les activités « groupes et clubs ».
L’Egypte affiche une popularité exceptionnelle cet hiver, attirant plus de 50 % de voyageurs supplémentaires par rapport à l’année précédente. « Le pays retrouve toutes ses couleurs, en attirant aussi bien grâce à ses croisières sur le Nil qu’avec son côté balnéaire sur la mer Rouge. La destination a aussi été boostée par l’ouverture du grand musée égyptien », souligne Patrice Caradec. La République dominicaine (+9,9 %), le Maroc (+9,4 %), ainsi que l’Espagne et ses îles (+6.3 %) affichent aussi de bonnes performances sur cette période
On note par ailleurs les « excellentes performances du ski en France », qui dopent les chiffres des ventes de l’Hexagone. « Le ski a très bien performé, on est sur une bonne saison et les stations seront pleines aux vacances scolaires, mais je pense qu’il y aura un petit creux sur le remplissage de début février », poursuit Pascal Caradec.
Effet Trump
A l’inverse certaines destinations accusent le coup, comme Cuba (-37 %) ou la Thaïlande (-3,9 %), qui pâtit des affrontements avec le Cambodge. La destination Etats-Unis est aussi à la peine, un phénomène que Pascal Caradec attribue en partie à l’effet Trump, mais aussi « à l’effet prix » « C’est une destination qui a beaucoup augmenté post-Covid, or les Français ont un budget contraint pour leurs vacances », précise-t-il.
L’organisation de la Coupe du monde de football ne devrait pas inverser la tendance pour la saison estivale : « Ce type de compétition n’a jamais été très créateur de vacanciers, et cela rend le pays encore moins accessible en termes de prix », note Pascal Caradec.
Toutes destinations confondues, les premiers résultats pour la saison été (1er mai au 31 octobre 2026) laissent apparaître un chiffre d’affaires en hausse de 16,1 %, note le Seto. Néanmoins, depuis quelques semaines « les ventes sont en souffrance, alors on est content d’avoir cette avance », tempère Pascal Caradec. « Il y a un attentisme très fort, le mois de janvier est très en deçà de l’année dernière en prise de commandes, alors on garde les yeux sur les compteurs. »
Autre signe que l’incertitude pèse : les réservations de dernière minute sont de plus en plus courantes. « On est dans une certaine opacité, l’incertitude politique et géopolitique perturbe la prise de décision : les gens ne se projettent pas, alors ils se décident au dernier moment. »
Par Rachel Cotte – A retrouver en cliquant sur Source
Source Tourisme : malgré l’incertitude, les tour-opérateurs résistent | Les Echos