Uber Eats repart à l’offensive en Europe
La plateforme de livraison de repas investira sept nouveaux marchés cette année, notamment dans les pays nordiques. Elle réplique ainsi aux grosses opérations de rachat annoncées l’an dernier par ses concurrents.
La bataille mondiale de la livraison de repas est bien relancée. Après des années où les groupes cherchaient plutôt à réduire la voilure pour se concentrer sur la quête de rentabilité, ils sont, chacun à leur manière, à nouveau dans les starting-blocks du développement.
Après les annonces successives l’an dernier de la reprise de Just Eat Takeaway par le groupe d’investissement néerlandais Prosus puis du rachat du britannique Deliveroo par la plateforme américaine DoorDash, c’est au tour d’Uber Eats, l’entité de livraison de repas d’Uber, de partir à l’attaque.
La plateforme américaine n’a pas opté, elle, pour une grosse acquisition. Mais elle compte affirmer ses ambitions en entrant dans sept nouveaux marchés européens cette année, indique le « Financial Times ». Outre l’Autriche, la Grèce, la République tchèque et la Roumanie, elle a dans le viseur les pays nordiques, avec une arrivée prévue au Danemark, en Finlande et en Norvège. Une manière d’aller au contact, sur le Vieux Continent, de son grand concurrent DoorDash, qui avait racheté le groupe finlandais Wolt en 2022.
« Faire bouger les choses en Europe »
« Il est temps de faire bouger les choses en Europe », a indiqué Susan Anderson, responsable mondiale de la livraison chez Uber au quotidien économique britannique. Le groupe espère tirer de cette salve de nouveaux pays un milliard de dollars de commandes en plus dans les trois prochaines années.
Uber avait déjà annoncé la semaine dernière le rachat à Mubadala Investment Company du portefeuille de livraison de Getir en Turquie, incluant l’alimentation, l’épicerie, la vente au détail et la livraison d’eau, pour y conforter la présence qu’il avait déjà avec Trendyol Go. Il déboursera 335 millions de dollars pour la livraison de repas et prendra 15 % des autres champs d’action pour 100 millions, avec un rachat total prévu dans les prochaines années s’ils atteignent certains niveaux de performance.
Dans ses principaux marchés en Europe, comprenant le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Espagne, Uber a gagné des parts de marché. Il est vrai qu’en France, par exemple, où il est largement numéro un, le troisième acteur, Just Eat Takeway avait jeté l’éponge fin 2024.L’entreprise estime réussir à capitaliser sur le « cross marketing » en incitant les consommateurs qui utilisent ses VTC à faire aussi des commandes de repas.
Drones et robots envisagés au Royaume-Uni
Au niveau mondial, le groupe a vu le revenu de ses activités de livraisons alimentaires s’accroître de quelque 30 % au dernier trimestre 2025, au-dessus de ses prévisions.
Pour s’étendre mais aussi serrer ses coûts, Uber Eats compte aussi sur les nouvelles technologies. Susan Anderson a ainsi indiqué que l’entreprise avait des plans pour automatiser, à terme, sur le marché britannique, une partie de la livraison en introduisant des drones et des robots dans son process.
Les fondateurs de Getir poursuivent Mubadala Investment
Les fondateurs de la plateforme de livraison Getir poursuivent Mubadala Investment Company pour au moins 700 millions de dollars, selon le « Financial Times ». Ils accusent la société d’investissement d’Abu Dhabi de ne pas avoir remis les actifs promis lors de la restructuration de l’entreprise. L’accord de 2024 portait sur une injection de capital de 250 millions de dollars et l’acquisition du contrôle majoritaire des opérations d’épicerie turques. La plainte, déposée vendredi 13 février auprès de la Haute Cour de Londres reproche à Mubadala de ne pas avoir transféré une partie des actifs restants à l’entreprise autonome créée en parallèle, notamment l’application de technologie financière, Getir Finance.
Par Clotilde Briard – A retrouver en cliquant sur Source
Source : Uber Eats repart à l’offensive en Europe | Les Echos