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Vin : la production mondiale au plus haut depuis quinze ans

La production mondiale a bondi de 14,5 % en 2018 à 292 millions d’hectolitres, selon l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV). L’Italie confirme son rang de premier producteur devant la France.

L’Italie a fortement développé son vignoble en 2018, accaparant à son profit quasi-exclusif le droit accordé par la Commission européenne d’accroître les plantations communautaires de 1 %

Fotolive/FOTOGRAMMA/ROPI-REA

Les viticulteurs se sont surpassés en 2018. La production mondiale a atteint un niveau record de 292,3 millions d’hectolitres en hausse de 14,5 %, selon Pau Roca, directeur général de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV). Il faut remonter quinze ans en arrière pour retrouver un volume comparable. Cette situation est d’autant plus remarquable que le vignoble n’a pas cessé de diminuer depuis 2004. Il s’est stabilisé l’an passé.

Bien que la plupart des pays dans le monde produisent du vin, la moitié du vignoble est entre les mains de seulement cinq d’entre eux. L’Espagne vient en tête, suivie par la Chine, la France, l’Italie et la Turquie.  L’Italie a fortement développé son vignoble en 2018 , accaparant à son profit quasi exclusif le droit accordé par la commission européenne d’accroître les plantations communautaires de 1 %.

L’Espagne premier plus grand vignoble

La Chine a le deuxième plus grand vignoble de la planète et continue de le développer. Pourtant la production de vin de l’Empire du milieu a reculé pour la deuxième année consécutive. Elle a chuté de 20 % en 2018 après avoir diminué de 12 % en 2017. L’OIV n’explique pas ce paradoxe, mais rappelle que 85 % du vignoble chinois est destiné à la production de raisin de table et de raisins secs. La consommation de vin en Chine a elle aussi baissé de près de 7 % pour s’établir à 18 millions d’hectolitres. Les exportateurs, très intéressés par cet énorme marché, en ont été pour leurs frais. C’est le cas des Bordelais, dont la Chine est le premier client étranger, et qui a vu son commerce dans ce pays diminuer de 22 % en valeur en 2018.

Pause dans la consommation

La Chine explique, avec le Royaume-Uni, « la pause dans la consommation mondiale » constatée l’an dernier (+0,6 % à 246 millions d’hectolitres). Les Etats-Unis demeurent le premier consommateur pour la huitième année consécutive, en légère progression (+1,1 %) par rapport à 2017. En Amérique du sud, « on observe un petit recul sauf au Brésil où la consommation est stable », précise l’OIV.

En Europe, la consommation s’est « stabilisée dans la majorité des pays à l’exception de l’Espagne, où elle a augmenté pour la troisième année consécutive, du Portugal, de la Roumanie et de la Hongrie. Elle a reculé un peu en Afrique du sud mais fait un bond de 6 % en Australie. Elle est stable en Nouvelle-Zélande.

Percée des effervescents

Les échanges continuent de s’accroître tant en volume (+0,4 %) qu’en valeur (+1,2 %). Ils ont atteint 108 millions d’hectolitres et 31,3 milliards d’euros en 2018. Les trois quarts de la valeur se font avec le vin en bouteille, pour plus de la moité des volumes.  Les vins effervescents ont fait une belle percée de 4 % en volume et 6 % en valeur. Le vrac perd du terrain en volume (-5 %) mais gagne en valeur (+4 %). Quant au marché du bag-in-box (poches de plastique de quelques litres), il a fait un bond de 5 % en volume et surtout en valeur (+16 %).

Les vendanges 2019 de l’hémisphère sud ne sont pas finies. L’OIV s’attend à une baisse de production dans la plupart des pays. Notamment en Australie et en Afrique du sud, durement affectées par la sécheresse.

Source : Vin : la production mondiale au plus haut depuis quinze ans | Les Echos