1,6 milliard d’euros pour concurrence déloyale, pollution aux plastiques… pourquoi Nestlé n’en a pas fini avec ses eaux en France

La multinationale suisse a décidé de vendre Nestlé Waters, la division qui possède Vittel, Perrier et Contrex. Mais les procès et recours se multiplient en France, alors qu’un petit concurrent réclame 1,6 milliard d’euros pour concurrence déloyale.

C’est une partie de bras de fer à trois qui se joue en ce moment entre le groupe Nestlé, les pouvoirs publics et les autres entreprises françaises qui commercialisent de l’eau minérale. La partie est très disputée et va connaître de nouveaux rebondissements. Résumé rapide des épisodes précédents. Confronté à des problèmes récurrents de potabilité de ses eaux minérales Perrier à Vergèze (Gard), et Contrex et Hépar dans les Vosges, Nestlé pensait avoir trouvé la solution. La multinationale suisse a en effet obtenu en décembre dernier, de la part des préfectures concernées, l’autorisation de microfiltrer l’eau issue de plusieurs captages, par dérogation à la législation sur l’appellation « eau minérale naturelle ».

« Nestlé a obtenu cette dérogation exorbitante qui contrevient aux textes européens, en faisant du chantage à l’emploi », dénonce Bernard Schmitt, du collectif Eau 88 dans les Vosges. Cette décision a également provoqué la colère d’un petit concurrent savoyard, Bonneval Waters, qui a porté plainte contre Nestlé pour « concurrence déloyale » et lui réclame 1,6 milliard d’euros. David Merle, le directeur général de Bonneval, attaque aussi les arrêtés préfectoraux qui permettent à Nestlé de filtrer ses eaux minérales. « Nous sommes très attentifs à cette démarche de Bonneval, car les dérogations accordées à Nestlé constituent un précédent gravissime pour l’avenir de tous les minéraliers », confie un autre industriel.

Pollution aux plastiques, l’autre affaire qui menace Nestlé

L’affaire va également rebondir du côté des consommateurs. L’association Foodwatch, qui avait refusé la convention judiciaire d’intérêt public de septembre 2024, relance l’affaire. Cet accord permettait à Nestlé, contre la somme de 2 millions d’euros, de se libérer des procédures en cours concernant la purification illégale de ses eaux et ses forages illicites. Le tribunal judiciaire de Paris vient donc de désigner un juge d’instruction. De quoi semer le trouble, tandis que le géant suisse a mandaté Rothschild & Co afin de trouver un repreneur pour sa branche eaux d’ici à janvier 2027

Enfin, le tribunal de Nancy ouvre, du 23 au 27 mars, le procès de la pollution aux plastiques dans les Vosges. Nestlé doit répondre d’atteinte à l’environnement et à la santé publique. En cas de condamnation à dépolluer les zones concernées, cela pourrait lui coûter plus de 150 millions d’euros. Les associations veulent en faire un exemple : elles organisent un grand « carnaval de l’eau » dans les rues de Nancy à cette occasion. Tout pour éviter un nouvel arrangement en toute discrétion.

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