Bien maîtriser le maillage territorial fait partie des grands enjeux des enseignes.Restauration : les chaînes misent toujours plus sur la franchise

Alors que va s’ouvrir le Salon Franchise Expo, le secteur de la restauration, notamment les fast-foods, affiche de fortes ambitions en 2026. La conjoncture économique et les évolutions de consommation compliquent cependant la donne des franchisés.

Bien maîtriser le maillage territorial fait partie des grands enjeux des enseignes. (Photo iStock)

En 2026, Quick et ses burgers visent l’ouverture dans l’Hexagone d’une trentaine de nouveaux restaurants. O’Tacos, le spécialiste de la version française de ces produits originaires du Mexique, compte sur une quarantaine de nouveaux franchisés ici et au Benelux. Bertrand Franchise prévoit, lui, 150 ouvertures avec ses onze enseignes allant de Burger King à Au Bureau. Quant à Columbus Café, qui a inauguré 25 nouveaux points de vente dans l’Hexagone l’an dernier, le réseau vient de faire évoluer son logo et de se doter d’une nouvelle signature de marque proclamant « C’est le moment ».

A la veille du Salon Franchise Expo, qui se déroule du 14 au 16 mars à Paris Expo Porte de Versailles, les différents réseaux se mettent en ordre de bataille et affichent de fortes ambitions. De nouvelles enseignes se lancent aussi dans la recherche de gens prêts à devenir entrepreneurs pour se développer.

A l’image des bars à salade Mister Garden. Avec un réseau en propre de 24 restaurants qu’elle veut aussi développer, la marque s’ouvre à la franchise treize ans après son arrivée sur le marché. La première ouverture du genre se fera à Montpellier dans quelques semaines.

La franchise est aussi un moyen de grandir plus vite pour de jeunes entreprises. Sur le segment de la « street food » marocaine, Choukran, fondé en 2023 par le chef Abdel Alaoui et par Otto Nijdam et qui a deux restaurants à Paris, a levé 5,4 millions d’euros pour se déployer sur ce modèle. Le concept espère avoir une trentaine d’implantations d’ici à 2029 dans les grandes agglomérations pour atteindre au total 37 points de vente.

La restauration rapide, aux avant-postes de la franchise

Au total, la restauration rapide représente le deuxième secteur en chiffre d’affaires de la franchise. Elle a pesé 11,36 milliards d’euros en 2025, soit 12,1 % du marché, loin derrière l’alimentaire mais devant l’équipement de la maison, selon la Fédération française de la franchise. Son chiffre d’affaires a progressé de 9,3 % par rapport à 2024 et le nombre de points de vente sous ce modèle a augmenté de 5,3 %.

Le nombre de réseaux référencés, soit 298, est en revanche en léger recul de 1,3 %. « La restauration rapide a beaucoup crû mais elle commence à atteindre un certain plateau », analyse Véronique Discours-Buhot, déléguée générale de la Fédération française de la franchise.

Les enseignes installées de longue date dans le paysage continuent à étendre leur maillage. A l’instar du géant McDonald’s qui, après les centres-villes et les périphéries, s’est plus récemment attaqué aux zones rurales. « Quelles que soient les enseignes, la franchise représente une course de vitesse à la couverture géographique », rappelle François Blouin, fondateur de Food Service Vision.

Mais le contexte de consommation plus compliqué est moins favorable aux acteurs plus fragiles. « Il faut rester raisonnable dans les ambitions annuelles d’expansion pour pouvoir accompagner les projets. Il y a de la place à condition d’avoir une vraie stratégie de développement », avertit Bernard Boutboul, président du cabinet Gira. Mieux vaut se développer par grands cercles et éviter de se disperser aux quatre coins de la France.

S’adapter à une consommation plus mouvante

L’exercice se complique aussi car les évolutions de consommation s’accélèrent. Comme le révèle, notamment, le nouvel indice burger que vient de publier Gira : en 2025, les Français ont consommé 1,4 milliard de burgers hors domicile, soit une baisse de 6,9 % en volume en deux ans. « C’est une première », souligne Bernard Boutboul.

« D’une manière générale, la durée de vie des concepts et des produits se réduit. Le consommateur se lasse et une enseigne doit savoir se remettre en cause de façon permanente », ajoute-t-il. Pour les candidats à la franchise, le choix a donc intérêt à être encore plus pesé. Même si, rassure François Blouin, « dans une période qui va durcir les modèles économiques, les enseignes fortes sauront tenir ».

Par Clotilde Briard – A retrouver en cliquant sur Source

Source : Restauration : les chaînes misent toujours plus sur la franchise | Les Echos