Restauration collective : Elior revoit à la baisse ses objectifs annuels et déguste en Bourse
Le premier semestre du groupe de restauration collective et de services aux entreprises a été moins porteur qu’attendu. Elior a dû abaisser ses objectifs annuels, entraînant un plongeon de plus de 26 % de son cours de Bourse.
La sanction a été immédiate et brutale sur le marché Euronext Paris. Au lendemain de la publication – après-Bourse – d’un fort recul de ses résultats au titre du premier semestre de son exercice décalé 2025-2026 (du 1er octobre au 31 mars), et bien plus encore d’une nette réduction de ses objectifs annuels, le titre d’Elior a plongé en Bourse ce jeudi.
Dès les premiers échanges, la valeur perdait plus de 23 %, approchant les 2 euros, tout en entraînant dans son sillage l’actionnaire de référence Derichebourg (un peu moins de 48 % du capital), dont l’action perdait simultanément près de 8 %. En tout début d’après-midi, le recul d’Elior dépassait même 26 %, celui de son actionnaire de référence approchant 9 %.
Décalage
Au terme de la première moitié de son exercice, le groupe de restauration collective et de services aux entreprises voit son résultat d’exploitation fondre d’un peu plus de 30 % par rapport à son montant constaté à la fin mars 2025, à 83 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 3,17 milliards, en retrait de 1,1 %. Ce dernier progresse toutefois de 2 % à base comparable. Quant au profit net part du groupe d’Elior, il diminue de moitié, à 21 millions d’euros.
Ce bilan d’activité, moindre que prévu, est expliqué par la mise en place « plus longue » de gros contrats obtenus précédemment. La direction d’Elior cite notamment celui portant sur la restauration collective et le nettoyage de 113 collèges des Yvelines, dont le démarrage interviendra finalement dans la dernière partie de l’été, avant la nouvelle année scolaire.
Ce décalage dans la mise en oeuvre des marchés conquis a pesé sur le chiffre d’affaires de la restauration collective en France, la croissance organique (+0,9 %) de la principale branche du groupe Elior (2,32 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour le premier semestre) tenant à son activité aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et dans la péninsule ibérique.
Un différend en Italie
Simultanément, l’entreprise a été affectée par le non-renouvellement de contrats en Italie, pays où un « différend sur les conditions tarifaires relatives à un contrat significatif » dans la restauration dégrade son résultat opérationnel. L’impact est chiffré à 25 millions. La perte potentielle sur ce contrat, précise Elior, a été provisionnée jusqu’à son terme en avril 2027, la prestation étant alors remise en appel d’offres.
Conjugués, les éléments défavorables du premier semestre ont conduit la direction d’Elior à revoir ses objectifs pour l’ensemble de l’exercice. Elle prévoit désormais une croissance organique comprise entre 1 % et 2 % contre une « fourchette » de 3 %-4 % précédemment. En outre, la marge opérationnelle ajustée hors éléments exceptionnels serait « d’environ 3 % », au lieu des 3,5 % à 3,7 % prévus initialement.
Pour mémoire, Elior, adossé au leader français du recyclage des déchets métalliques Derichebourg depuis 2022, a renoué avec un résultat net positif au terme de son exercice 2024-2025, une première depuis 2019.
Par Christophe Palierse – A retrouver en cliquant sur Source