Fast-food : comment le géant philippin du poulet frit Jollibee veut défier KFC et McDonald’s
Pour accélérer le pas hors de ses frontières, le concurrent des grandes enseignes américaines de restauration rapide prévoit un spin-off de ses activités internationales avec une cotation aux Etats-Unis. En attendant, il multiplie les établissements.
L’abeille à la toque blanche de chef qui sert de logo à Jollibee rêve de faire de l’ombre à la silhouette stylisée du colonel Sanders, le fondateur de KFC. L’enseigne philippine de poulet frit, icône dans son pays, fait tout pour gagner du terrain hors de ses frontières.
Le groupe, né en 1975 avec une petite activité familiale de vente de crèmes glacées dans les rues de Manille, prévoit de faire un spin-off de toutes ses activités internationales pour les coter ensuite aux Etats-Unis. Il ne gardera à la bourse des Philippines que ce qui concerne sa présence dans son pays d’origine.
Forte croissance à l’étranger
La création de deux sociétés séparées vise, selon l’entreprise qui avait réalisé en 2024 un chiffre d’affaires consolidé équivalant à quelque 3,9 milliards d’euros, à affiner l’orientation stratégique de chaque entité et à clarifier leur positionnement respectif. En effet, aux Philippines, son enseigne phare est bien installée tandis qu’à l’étranger, à l’instar des Etats-Unis, elle n’est encore, la plupart du temps, qu’un challenger.
Dans son pays, son activité est plutôt stable. A l’international, elle croît rapidement mais avec des besoins supérieurs en investissement et la nécessité de se faire mieux connaître. Sur les plus de 10.000 établissements décomptés à fin septembre dernier à la clôture du troisième trimestre, les deux tiers étaient situés à l’étranger dans plus d’une trentaine de pays. Mais ils ne représentaient que 43 % du chiffre d’affaires. En revanche, ils ont porté la croissance qui a atteint 14,3 % sur les neuf premiers mois de 2025.
Jollibee, l’enseigne qui a donné son nom au groupe, est spécialisée dans le poulet, proposé dans de gros seaux en carton ou sous forme de burgers. Mais la marque a une particularité : les accompagnements vont bien au-delà des frites habituelles. Aux Etats-Unis notamment, la carte comprend aussi du riz ou des spaghettis à la sauce sucrée contenant boeuf haché et saucisse. En portion plus grosse, le plat de pâtes peut également se déguster seul, tout comme des nouilles préparées à la façon philippine. Une manière d’introduire de la diversité lorsqu’il y a plusieurs convives pas tous fans de poulet frit.
Outre-Atlantique, Jollibee compte aujourd’hui plus d’une centaine d’établissements. Mais il veut passer à la vitesse supérieure. Et il a commencé son développement en franchise l’an dernier avec une première unité à New York. D’autres contrats ont déjà été signés.
Il doit cependant compter avec une forte compétition dans l’univers du poulet face à KFC, Chick-fil-A ou Raising Cane’s. L’enseigne commence cependant à chercher des localisations où n’existe pas une forte population originaire des Philippines en quête des petites madeleines de leur pays. Une communauté qui, jusqu’à présent, nourrissait sa croissance américaine.
Mais l’entreprise ne se résume pas à la restauration rapide de poulet. Le groupe a fait grandir son portefeuille par acquisitions. Il détient ainsi les enseignes américaines Smash Burger, un peu à la peine, et Coffee Bean and Tea Leaf, une chaîne de thé et café acquise en 2019 et qui compte plus d’un millier d’établissements dans 24 pays. Elle s’est également plus récemment offert l’entreprise coréenne Compose Coffee. La cotation des activités internationales à New York devrait donner une visibilité supplémentaire à ses marques aux Etats-Unis. Mais si la scission se réalise bien, elle ne devrait s’effectuer que fin 2027.
Par Clotilde Briard – A retrouver en cliquant sur Source