France Boissons, filiale de distribution de Heineken France, a dévoilé ce jeudi 19 janvier, en partenariat avec le Crédoc, la première édition du baromètre France Boissons/Crédoc sur l’évolution de la santé de la filière CHR depuis six ans en France. Cette étude révèle que la baisse du pouvoir d’achat des Français depuis 2009 a profondément et durablement impacté l’activité de la filière, en particulier celle des cafés avec une baisse du chiffre d’affaires de 10 % et des effectifs de 5 %. Face à ce constat, Heineken France réaffirme son engagement pour la pérennisation de l’activité du CHR et lance la 4e édition du Prix des cafés pour nos régions.

Loïc Latour, président de France Boissons lors de la présentation du baromètre France Boissons/Crédoc sur l’évolution de la santé de la filière CHR depuis six ans en France.

FILIERE CHR

« Nous avons souhaité aller un cran plus loin en quantifiant de manière très précise les difficultés économiques rencontrées par les patrons d’établissements, et l’impact qu’elles ont sur le dynamisme des territoires. C’est l’objet du baromètre inédit que nous avons mené en partenariat avec le Crédoc. En tant que soutien historique et expert engagé du CHR, notre rôle aujourd’hui est de partager ce constat pour mieux y faire face », explique Loïc Latour, président de France Boissons.
Le premier constat est que les indicateurs économiques se dégradent entre 2009 et 2015 :
-Pour l’ensemble du secteur hébergement-restauration le nombre de défaillances d’entreprises (redressements et liquidations) a fortement progressé, passant de 6 655 en 2009 à 8 300 en 2015, soit une hausse de 25%, avec une forte accélération depuis fin 2012.
-Lorsqu’on ramène ce nombre d’établissements à la population, le ratio pour les cafés et hôtels a largement diminué (respectivement – 4 % et – 7 %). De même les cafés ont vu leurs effectifs diminuer (- 5 % sur 2010-2014).
-Par ailleurs, l’indicateur mesurant la création de richesses (la valeur ajoutée) régresse de 9 % pour le CHR, soit une perte de 2,3 Md€ sur 2010-2014.
Dans le même temps, l’environnement économique s’est fortement assombri pour les Français : en 2008 puis durant 3 années consécutives 2011, 2012 et 2013, le pouvoir d’achat par unité de consommation a chuté ce qui ne s’était pas produit depuis plus de 20 ans. Conséquence directe : la baisse des dépenses de consommation des ménages sur le secteur hébergement-restauration (en 2008, 2009 puis en 2012 et 2013) ainsi qu’une moindre fréquentation des circuits de consommation hors domicile : – 8 % entre 2008 et 2013.
De fortes disparités en fonction des régions
L’autre enseignement majeur de ce baromètre est que les régions n’ont pas été impactées de la même façon par la crise. On constate par exemple qu’entre 2008 et 2013, les régions qui ont connu les plus grandes baisses de PIB par habitant (Bourgogne-Franche-Comté – 1,9 % ; Grand Est – 0,4 %) ou la plus faible croissance (Hauts-de-France + 1,3 %) sont également celles dans lesquelles la densité de cafés, soit le nombre de cafés/habitant, a stagné ou diminué – avec un décalage dans le temps – sur 2009-2015 (Bourgogne-Franche-Comté : 0 % ; Grand Est : – 4 %; Hauts de France : – 12 % ).
A l’inverse, l’Île-de-France est la région de tous les records. C’est d’abord là que se trouvent le plus d’établissements CHR : près de 35 000 en 2015. En France, un établissement sur cinq est francilien. C’est également en Île-de-France que la dynamique entrepreneuriale est l’une des plus prononcées : on dénombre 10 % d’établissements supplémentaires en six ans, tandis que dans le même temps, la population francilienne n’a progressé que de 3,5 %.
On constate donc une densité d’établissements qui a littéralement bondi : en 2015, on dénombre 289 établissements pour 100 000 habitants soit 7 % de plus qu’en 2009. Enfin, l’Île-de-France reste le poumon de l’emploi CHR : près d’un tiers de l’emploi de l’ensemble de la filière hébergement-restauration est désormais francilien. Mais à l’échelle nationale, le constat reste que pour les cafés, la densité d’établissements a diminué dans 10 régions sur 13 sur la période 2009-2015. « Pour un distributeurs comme France Boissons, il est important de savoir où se déployer mais aussi d’accompagner l’ensembles des territoires où sont présents des CHR », a souligné Loïc Latour lors de la table ronde qui a suivi la présentation de l’étude. Celle-ci était animée par le journaliste Jean-Sébastien Petitdemange et comptait plusieurs invités : André Robert, délégué général de l’Association des petites villes de France (APVF), Jacques Chomentowski, représentant l’Umih-Alsace, Benoit Liger-Belair, représentant l’Agence France Entrepreneur (AFE), Lucie Arnoux, directrice commerciale consommation hors domicile d’Heineken Entreprise, et Julien Bortolotti, lauréat de la 1re édition du Prix des cafés pour nos régions.
Le café, secteur le plus touché par cette crise
Au sein de la filière CHR, c’est donc le café qui a le plus souffert des baisses de dépenses de consommation des Français liées à la diminution du pouvoir d’achat. « Cette fragilité du café s’inscrit dans un contexte de baisse structurelle de fréquentation de ces établissements depuis le début des années 1980, alors que dans le même temps le marché de l’hébergement et celui de la restauration progresse. Elle est liée à l’urbanisation, aux évolutions des modes de vie et à la progression d’autres activités de socialisation », explique Pascale Hebel, directrice du département Consommation du Crédoc.
Les Français expriment un besoin croissant de lien social (56 % en 2014 versus 33 % en 1985). Le café est par ailleurs identifié comme l’acteur principal de pérennisation du lien social et d’animation des territoires. Il constitue donc un lieu central pour la convivialité dans les villes et villages, et pourtant un tiers des habitants des communes de moins 5 000 habitants déclarent en être dépourvu. Les cafés permettent de maintenir en vie les villages et villes de France face à la désertification des territoires. Au-delà de la fracture territoriale, ce sont près de 500 000 emplois (équivalent temps plein) à sauvegarder.
Prix des cafés pour nos régions
C’est dans ce contexte que Heineken France, brasseur et distributeur, lance la 4e édition du Prix des cafés pour nos régions. Ce dernier vise à apporter une aide concrète aux gérants dans la réalisation de leurs projets professionnels : la création, la reprise ou la rénovation d’établissements, participant à la vitalité de leur commune ou leur quartier.
Lancé en 2013, ce Prix récompense chaque année les 5 meilleurs projets de création, de reprise ou de rénovation de cafés en France (Est, Centre-Ile-de-France, Nord, Ouest, Sud), grâce à une dotation globale de 50 000 € à partager entre les 5 lauréats. L’objectif est de favoriser la création et la reprise d’établissements pérennes qui préservent le dynamisme économique et la vie des communes dans lesquelles ils sont implantés. Mais aussi de redynamiser des établissements existants et les aider à jouer pleinement leur rôle social dans les villes et villages de France.
« Avec le Prix des cafés pour nos régions, Heineken France s’inscrit comme un des acteurs majeurs du dynamisme des régions, tout en réaffirmant sa position de partenaire clé dans l’accompagnement de la réussite professionnelle des gérants ou futurs gérants de café », commente Lucie Arnoux. Le brasseur apporte notamment une aide financière en se portant caution solidaire auprès des banques à hauteur de quelque 220 M€ d’emprunts contractés par 7 000 points de vente. Il offre également un accompagnement des professionnels à travers l’association Service en tête animée par France Boissons, à travers la formation (1 100 points de vente formés chaque année) et contribue à développer l’expertise des futurs professionnels grâce au Concours de biérologie.
Avec ce prix, Heineken France et ses partenaires -AFE, la plateforme de crowdfunding Ulule et l’APVF- souhaitent encourager le secteur en créant une dynamique et en valorisant les bonnes pratiques. C’est également l’occasion pour chacun de prendre conscience du rôle fondamental des établissements CHR dans le maintien du lien social et la redynamisation économique des petites villes et villages de France. « Le Prix des cafés pour nos régions est un soutien direct et concret à la filière qui est nécessaire pour éviter que les villages ne se transforment en dortoirs », témoigne pour sa part Julien Bortolotti. Celui-ci a déclaré que le prix lui avait apporté un appui pour investir dans le matériel afin ‘offrir un accueil de qualité. « Il faut toujours se renouveler », a-t-il également précisé.
Parmi les 4 critères de sélection des lauréats, trois concernent directement la contribution du projet au dynamisme de sa commune ou de son quartier:
-le caractère innovant du projet pour la commune ;
-sa contribution à l’attractivité économique du territoire ;
-sa participation à la pérennité du lien social de la commune.
– Les porteurs de projets ont jusqu’au 31 mars pour candidater sur le site : www.descafespournosregions.fr Les candidatures enregistrées sur le site internet seront ensuite départagées en mai par un jury composé d’élus, de professionnels de la filière CHR et d’experts de la création ou reprise d’entreprises. La remise des prix aura lieu en juin.
*La carte de France interactive avec les chiffres-clés par région : www.descafespournosregions.fr 

Chiffres-clés du baromètre France Boissons/Crédoc pour le café :

-Poids économique des cafés :
  • 52 000 emplois
  • Chiffre d’affaires global de 6 Md€
  • Chiffre d’affaires moyen par entreprise : 151 000 €
-Dégradation significative de tous les indicateurs économiques :
  • Régression du chiffre d’affaires de 10 % soit une perte moyenne annuelle
  • de 170 M€ (contrairement aux restaurants et hôtels qui voient leur activité progresser)
  • Chute de création de richesses (la valeur ajoutée) de 10 %
  • Baisse du nombre d’effectifs : – 5 %
  • Régression du nombre total de cafés : – 1 %
  • Baisse du nombre de cafés par habitant : – 4 %

Source : Heineken lance la 4e édition du Prix des cafés – Tokster