Lindt redoute l’impact du conflit en Iran sur la consommation de chocolat

Lindt & Sprüngli a abaissé ses prévisions de croissance des ventes pour 2026, invoquant les incertitudes géopolitiques liées au conflit au Moyen-Orient. Le chocolatier suisse anticipe un impact sur la consommation et le tourisme.

Lindt & Sprüngli a vu son cours chuter en Bourse ce mardi. Les investisseurs n’ont pas apprécié la décision du chocolatier suisse de revoir à la baisse son objectif de ventes pour 2026, invoquant « les incertitudes géopolitiques » qui pourraient affecter le tourisme et la consommation. Il table désormais sur une progression hors effets de change de 4 % à 6 %, et non plus de 6 % à 8 % comme annoncé en janvier.

La guerre au Moyen-Orient a rebattu les cartes. Le conflit va affecter le budget des ménages, et cela pourrait se répercuter sur leurs achats. « Nous étions déjà face à un climat de consommation très faible aux Etats-Unis et en Europe » mais « qui était en train de s’améliorer », a déclaré ce mardi son directeur général, Adalbert Lechner, lors d’une conférence de presse pour les résultats annuels du groupe.

Très présent dans les duty free

« Et maintenant, nous avons ce choc avec les prix du pétrole qui ont monté de 30 % », ce qui « ne va pas aider les consommateurs », a ajouté le patron du chocolatier suisse. Avec le conflit, le dirigeant s’attend également à « un ralentissement du tourisme, en particulier en provenance d’Asie », les aéroports du Moyen-Orient étant des plateformes de correspondance importantes pour les liaisons avec l’Europe, a-t-il souligné. Or le groupe est très présent dans le réseau des boutiques duty free.

Pour 2025, Lindt & Sprüngli a publié un chiffre d’affaires de 5,92 milliards de francs suisses (6,55 milliards d’euros), en hausse de 8,2 %. Un effet de la hausse des prix, en moyenne de 19 %. Tandis que les volumes sont, eux, en recul de 6,6 %. Son bénéfice net a, lui, progressé de 8,1 %, à 727 millions de francs suisses.

Si le groupe abaisse ses objectifs de vente pour l’exercice 2026, il maintient celui de sa marge opérationnelle, visant toujours une amélioration de 20 à 40 points de base. Cette prudence risque « d’alimenter les doutes » de certains investisseurs quant à la capacité de Lindt & Sprüngli à faire « redémarrer les volumes », estime Jean-Philippe Bertschy, analyste chez Vontobel.

Des prix qui vont remonter

Le géant suisse, connu pour ses tablettes haut de gamme et ses lapins de Pâques, a dû encaisser l’envolée des cours du cacao, qui ont atteint des sommets historiques en 2025, avant de redescendre progressivement. Depuis janvier, ils ont nettement reflué, après de meilleures récoltes, conjuguées à une baisse de la demande. Mais dans le secteur du chocolat, les industriels portent en moyenne un an de stocks.

« Il est encore beaucoup trop tôt pour discuter de diminution de prix », a souligné Martin Hug, le directeur financier. Car d’autres coûts, comme les emballages, l’énergie et les transports, risquent maintenant d’augmenter avec le conflit au Moyen-Orient, prévient-il.

Après les hausses déjà négociées, avec la grande distribution, les prix devraient encore augmenter au premier semestre, a précisé le patron de Lindt & Sprüngli. En France, le groupe est en conflit avec Intermarché qui a décidé de retirer les tablettes de ses rayons, faute d’accord sur les tarifs 2026.

Un mauvais coup, alors que Pâques est un temps fort de vente, avec ses célèbres lapins. Le suisse a une usine à Oloron-Sainte-Marie dans les Pyrénées-Atlantiques, dont 80 % de la production est vendue sur le marché hexagonal.

Par Les Echos avec dépêches / Par Dominique Chapuis – A retrouver en cliquant sur Source

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