Attendu comme un temps fort de l’année, le mois de décembre n’a pas tenu ses promesses pour la plupart des commerçants. Le dernier bilan d’activité publié par la fédération Procos confirme un nouveau recul des ventes en magasins.
Les commerçants étaient nombreux à miser sur la fin d’année, et particulièrement le mois de décembre, pour relancer les ventes et conclure 2025 sur une note plus positive. Un espoir qui ne s’est malheureusement pas concrétisé pour une majorité de professionnels, avec un niveau d’activité dans l’ensemble négatif.
Ainsi, d’après la fédération Procos, qui représente près de 750 000 emplois et plus de 35 % du chiffre d’affaires du commerce de détail, l’activité du commerce spécialisé a reculé de 2,80 % en décembre 2025, par rapport à la même période de l’an passé. Une baisse d’autant plus préoccupante que l’activité avait déjà diminué en décembre 2024 par rapport à décembre 2023 (– 0,7 %). Dans un contexte marqué par une inflation soutenue depuis deux ans, qui contribue à gonfler mécaniquement les chiffres d’affaires, le recul apparaît ainsi en réalité bien plus marqué lorsqu’il est analysé en volumes de ventes.
Des performances sectorielles contrastées, dans un contexte toujours contraint
Cette contre-performance du mois de décembre s’inscrit dans un environnement de consommation durablement contraint. Les arbitrages budgétaires sont restés défavorables aux dépenses non essentielles, dans un contexte économique et politique marqué par de fortes incertitudes.
Dans ce contexte, une majorité de commerçants ont enregistré une baisse d’activité, plus ou moins prononcée selon les secteurs. L’habillement a notamment été particulièrement impacté en décembre, avec un recul des ventes de 4,5 % en magasins. « Des températures exceptionnellement clémentes jusqu’au 20 décembre ont fortement pénalisé la vente de grosses pièces telles que manteaux, anoraks et vestes. Le refroidissement observé en fin de mois a toutefois permis d’atténuer partiellement cette tendance », analyse Procos dans son compte rendu. Sur l’ensemble de l’année, le secteur affiche néanmoins une quasi-stabilité, à – 0,3 % en magasins.
Le secteur de la beauté a également connu une fin d’année difficile, avec un recul de – 3,6 % en décembre, et un bilan annuel en baisse de – 2,6 % par rapport à 2024. Une diminution significative, qu’il convient toutefois de relativiser, après plusieurs années consécutives de forte progression de l’activité.
Même l’alimentation spécialisée (boulangeries-pâtisseries, boucheries-charcuteries, poissonneries, épiceries fines…) a enregistré un repli de l’activité en décembre, bien que plus modéré, à – 1 %. Un recul qui ne concerne toutefois pas l’ensemble des métiers de bouche, la Confédération Française de la Boucherie, Boucherie-Charcuterie, Traiteurs (CFBCT) a récemment fait état de résultats solides pour les fêtes de fin d’année. Au global, le secteur alimentaire parvient ainsi à clôturer 2025 sur une note positive, avec une progression d’activité proche de 2 %.
Autre secteur qui a tiré son épingle du jeu, celui du jeu-jouet, qui a confirmé sa bonne dynamique en fin d’année. « Les performances du secteur ont été portées par des licences fortes telles que LEGO, Pokémon et par l’essor du segment des kidultes, qui continue de soutenir les ventes. L’année s’achève à +3.5% en magasins et +8.7% sur le web pour une moyenne de 6.8% tous canaux de distribution confondus », détaille Procos.
En cumul sur l’année 2025, tous secteurs confondus, les premiers éléments font ainsi ressortir une baisse d’activité de 0,8 % pour le commerce spécialisé. À l’inverse, le e-commerce continue de surperformer, avec une croissance soutenue de 3,4 %, confirmant son rôle central dans l’activité des enseignes.
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Des écarts régionaux et de fréquentation toujours marqués
Concernant l’activité par région, aucune zone n’affiche de croissance en décembre. Paris parvient toutefois à limiter le recul, avec une baisse contenue à – 1,2 % sur le mois. Les régions Rhône-Alpes, Sud-Est et Sud-Ouest enregistrent de leur côté des reculs plus marqués en décembre, compris entre – 3 % et – 4 %.
La fréquentation des magasins demeure également orientée à la baisse, avec un recul de 0,7 % en décembre, et de 1,6 % sur l’ensemble de l’année 2025, marquant une tendance structurelle de fond pour le commerce physique. Tous les types d’emplacements sont en recul sur le mois, qu’il s’agisse des centres-villes, des centres commerciaux, des zones d’activités commerciales ou des outlets. Les centres commerciaux et les outlets apparaissent comme les plus pénalisés en décembre, avec une baisse de 3,8 %. Sur l’ensemble de l’année, les centres commerciaux enregistrent les performances les plus faibles, à -1,7 % de fréquentation. À l’inverse, les zones commerciales situées dans les gares se distinguent nettement et surperforment l’ensemble des formats, avec une progression du trafic de + 2 % en décembre, et + 3 % sur l’année.
Un début d’année sous tension
À ce stade, les perspectives pour le début de l’année ne s’annoncent pas encourageantes pour le commerce spécialisé, malgré le lancement des soldes d’hiver. Les premières semaines de 2026 s’inscrivent dans la continuité d’une fin d’année en retrait, dans un contexte où la fréquentation demeure fragile.
D’autant que des facteurs conjoncturels défavorables se sont récemment ajoutés. « L’épisode neigeux en début de mois et les barrages liés à la crise agricole compliquent fortement les déplacements donc l’accès aux commerces », explique Procos. Des contraintes qui pourraient toutefois s’atténuer au fil des semaines, du moins c’est ce qu’espèrent les commerçants… Affaire à suivre.