La croissance de Sodebo repose à 45 % sur les gammes existantes, assure l'entreprise.Recettes sans viande et exotisme : comment Sodebo veut défendre son leadership dans le snacking

Numéro un du rayon traiteur en France, l’entreprise vendéenne poursuit sa croissance. Avec, cette année, un accent mis sur l’exotisme et des formules sans viande ni poisson pour séduire notamment les jeunes.

La croissance de Sodebo repose à 45 % sur les gammes existantes, assure l’entreprise. (Photo Bruno Arbesu/REA)

Le propre du premier est d’être envié par ses concurrents, talonné, voire… mordu aux mollets. Mis sous pression par un Daunat particulièrement offensif, Sodebo entend bien confirmer son leadership sur le rayon traiteur. L’an dernier, l’entreprise vendéenne a amélioré sa part de marché global, avec 14,1 % (+0,9 point), devant les marques de distributeurs et Daunat.

En 2025, Sodebo a ainsi vu son chiffre d’affaires progresser de 9 % sur un an, avec 399 millions de produits vendus, en hausse de 10 %. Sur l’ensemble des catégories, la croissance en unités vendues a été plus dynamique que la croissance du chiffre d’affaires. Pour l’année en cours, la guerre en Iran aura un impact sur les prix, mais sans qu’il soit possible pour l’heure de l’évaluer.

« Résoudre l’équation de produits accessibles, bons et surtout rassasiants »

En attendant, Sodebo mise sur l’innovation. « Notre croissance repose à 45 % sur les gammes existantes, que nous améliorons en permanence – comme les Xtrem Box [des boîtes de pâtes, NDLR] qui ont fait 20 % de croissance – et à 55 % sur les nouvelles gammes, lancées il y a moins de trois ans », souligne Laure Cornec, directrice développement des marchés.

Cette année, Sodebo met notamment en avant un développement de sa gamme sans viande ni poisson. Elle est déclinée en salades « New Delhi » riz et lentilles corail avec des boulettes de pois chiches et « Caprese » avec des pâtes, des tomates cerises et une sauce au pesto verde, ou encore en sandwich, avec une recette houmous aux tomates et poivrons feta.

« Nous avons tenté de résoudre l’équation de produits accessibles, bons et surtout rassasiants, car c’est souvent le reproche fait par les consommateurs », explique Laure Cornec. L’objectif n’est pas seulement de convaincre les végétariens, mais aussi tous ceux qui veulent réduire leur consommation de produits carnés.

L’autre axe de développement a été autour de la « cuisine du monde », avec une Rice Box rougail saucisse ou encore une salade au boeuf inspirée de l’Asie. Dans les deux cas, la cible est particulièrement la Gen Z. « Les jeunes voyagent de plus en plus tôt, ils n’ont plus du tout les mêmes façons de consommer qu’il y a dix ans, donc nous devons trouver les bons produits pour nous inscrire dans leur routine », justifie la directrice développement des marchés.

Investissements

Pour accompagner sa croissance, l’entreprise vendéenne – qui se targue de préparer 89 % de ses ingrédients dans ses propres usines, de la charcuterie aux légumes en passant par l’écalage des oeufs – a inauguré l’an dernier quatre nouvelles lignes de production. Sodebo, qui compte déjà 3.300 salariés, prévoit 150 recrutements supplémentaires cette année.

Seul point aveugle, l’origine des produits. Alors que Daunat communique sur son ambition d’arriver au 100 % viande française l’an prochain, et 70 % d’origine France pour l’ensemble de ses ingrédients, Sodebo se cantonne à communiquer sur « 90 % d’origine UE ». Mettant en avant des enjeux de disponibilité, de prix et de qualité.

Paul Turban