Restauration rapide : pourquoi Pomme de Pain et ses 36 restaurants se placent en redressement judiciaire ? [Décryptage]

Restauration rapide : pourquoi Pomme de Pain et ses 36 restaurants se placent en redressement judiciaire ? [Décryptage]

Confrontée à une impasse financière après deux ans de restructuration intensive, l’enseigne Pomme de Pain a demandé son placement en redressement judiciaire. Le parc a été drastiquement réduit, passant de 108 restaurants à 36 aujourd’hui, dont 12 succursales et 24 franchises.

Un restaurant Pomme de Pain sous redressement judiciaire, alors que son modèle cherche à conjuguer performance commerciale et assainissement financier.

Engagée depuis 2023 dans une transformation en profondeur, Pomme de Pain a confirmé à LSA, ce 2 février, son placement en redressement judiciaire afin de finaliser la restructuration de sa tête de réseau. « Notre objectif n’est pas de basculer pour basculer. Le redressement judiciaire est aujourd’hui le seul levier qui nous permet de finir le travail engagé », explique Nicolas Papageorgopoulos, dirigeant de l’enseigne. L’audience devant le tribunal doit se tenir cette semaine, mercredi 4 février, avec la nomination attendue d’un administrateur judiciaire.

Depuis le rachat du groupe à InVivo, la direction a mené un chantier lourd de rationalisation. « Nous avons repositionné la marque vis-à-vis des attentes des consommateurs et redéfini le modèle économique. Le restructuring reposait sur trois piliers : les succursales, la franchise et les coûts de siège », détaille Nicolas Papageorgopoulos. Le parc a été drastiquement réduit, passant de 108 restaurants à 36 aujourd’hui, dont 12 succursales et 24 franchises. « Le nettoyage du parc est fait. Sur le plan opérationnel, le réseau est désormais sain », assure-t-il.

Si l’activité montre des signaux plus favorables, la situation financière reste sous contrainte. En 2025, Pomme de Pain a réalisé « un peu plus de 20 millions d’euros de chiffre d’affaires », contre près de 50 millions lors du rachat, une baisse mécanique liée à la réduction du réseau. Mais les coûts hérités du passé continuent de peser. « Nous avons divisé par deux les frais de siège, mais ce n’était pas suffisant. La tête de réseau n’a pas pu aller au bout de sa restructuration dans un contexte de marché défavorable », reconnaît le dirigeant.

Chiffre d’affaires de 20 M€ en 2025

Le redressement judiciaire doit permettre de traiter ce point de blocage. « Nous avons une liste très claire des actions à mener : renégocier ou couper certains contrats et réaligner les coûts du siège avec un réseau de 36 restaurants. Nous avions besoin d’un bras armé que nous n’avions pas seuls », explique Nicolas Papageorgopoulos, évoquant notamment des négociations difficiles avec certains bailleurs. « Les loyers continuaient à courir alors que nous ne pouvions pas les régler. Quand on ne fait pas de bénéfices, c’est mathématique. »

La direction espère sortir rapidement de la procédure. « Nous visons la première période d’observation, soit six mois. L’objectif est de ressortir avec une entreprise réassainie, du cash positif et une dette renégociée sur un horizon plus long », indique le dirigeant. Des discussions sont déjà engagées avec « trois family offices » intéressés par une entrée au capital. En parallèle, un projet d’ouverture en franchise reste prévu en 2026.

Sur le plan social, le groupe compte aujourd’hui 112 salariés hors franchise. « L’objectif est de préserver un maximum d’emplois. Le problème est financier, pas opérationnel. Les équipes ont fait un travail remarquable en restaurant », insiste Nicolas Papageorgopoulos, qui présente cette étape judiciaire comme une condition nécessaire pour permettre à Pomme de Pain de repartir sur des bases durablement assainies.

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