Starbucks envisagerait de céder une part de ses florissantes activités au Japon

Alors qu’elle célèbre ses trente ans de présence au Japon, la chaîne américaine pourrait, selon Bloomberg, chercher à récupérer du cash pour financer son plan de relance à l’international.

Est-ce la fin de trente ans d’une histoire commencée par une lettre envoyée par un entrepreneur nippon au siège de Starbucks à Seattle ? Selon l’agence Bloomberg, le groupe américain envisagerait, pour récupérer des capitaux, de céder une part de ses activités au Japon, où il continue pourtant d’enregistrer une solide croissance.

L’opération, qui serait étudiée avec des banques d’affaires, permettrait à la chaîne américaine, de lever jusqu’à 500 milliards de yens (3,1 milliards de dollars) pour financer des investissements sur d’autres marchés dans le cadre du plan de relance conçu par le PDG Brian Niccol, qui a déjà cédé 60 % des activités chinoises du groupe au fonds Boyu Capital.

Des cafés non-fumeurs

Si le repli de Chine était apparu pertinent, aux yeux des analystes, tant la marque américaine enchaînait les revers dans le pays, une cession au Japon semble beaucoup moins évidente. C’est dans l’archipel que le groupe a entamé son expansion à l’international, en août 1996, avec l’ouverture d’un premier café dans le quartier de Ginza à Tokyo.

Le géant avait été contacté, quatre ans plus tôt, par Yuji Tsunoda, l’un des administrateurs de la société nippone Sazaby, qui exploitait notamment la chaîne locale « Afternoon Tea ». Le cadre avait été impressionné par la qualité du café de Starbucks, qu’il avait testé à Los Angeles, et par le confort des magasins toujours non-fumeurs.

Yuji Tsunoda pressentait que ce concept de cafés accueillants allait permettre de conquérir une nouvelle clientèle féminine au Japon, où les « kissaten » – les cafés traditionnels japonais – attiraient essentiellement une clientèle masculine, venue consommer rapidement, parfois avec des collègues, en fumant une cigarette. Il avait ainsi convaincu Howard Schultz, le patron de Starbucks, de s’aventurer au Japon en coentreprise avec Sazaby.

Trente ans plus tard, Starbucks, qui a racheté ses parts à Sazaby en 2014, contrôle, avec ses 2.100 boutiques, la première chaîne de cafés du pays devant ses concurrents locaux Doutor et Komeda’s coffee. Ayant cultivé, avec un menu très riche et très saisonnier, son concept de « troisième lieu » entre la maison et le bureau, il a construit une clientèle très féminine (seulement 30 % de clients hommes) consommant plus que des cappuccinos.

Des performances « exceptionnelles »

Starbucks ne communique pas de résultats par pays, mais Brian Niccol assurait, en avril, lors de la présentation des résultats du groupe que les performances de la division japonaise avaient été « exceptionnelles » sur le premier trimestre de 2026, grâce à de bonnes ventes pendant les fêtes de fin d’année, à un tourisme dynamique et au lancement de nouveaux produits.

Il n’était alors pas question de céder une part de cette activité qui disposerait encore de marges de croissance malgré la hausse des coûts de production (le yen faible renchérit le prix du café et de tous les ingrédients importés) et l’accélération de la dépopulation qui pèse sur la consommation. Malgré l’arrivée de centaines de milliers d’immigrés chaque année, le Japon a perdu, selon le dernier recensement, 3 millions d’habitants entre 2020 et 2025.

Yann Rousseau (Correspondant au Japon) – A retrouver en cliquant sur Source

Source : Starbucks envisagerait de céder une part de ses florissantes activités au Japon – Les Echos