Restauration : Coup de frein brutal pour le groupe Baudaire, le propriétaire de Courtepaille demande son redressement judiciaireRestauration : Coup de frein brutal pour le groupe Baudaire, le propriétaire de Courtepaille demande son redressement judiciaire

En mars dernier, le groupe Baudaire recrutait encore de nouveaux franchisés à Franchise Expo et affichait ses ambitions de développement pour Assiette au Bœuf. Trois mois plus tard, le propriétaire de Courtepaille, La Boucherie et Poivre Rouge demande l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire, invoquant la crise de la restauration et le poids de la dette Covid.

Le goupe Baudaire, assure que les 180 restaurants, poursuivront leur activité malgré l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire.

Il y a tout juste trois mois, les dirigeants du groupe Baudaire parcouraient les allées de Franchise Expo Paris avec un discours résolument offensif. Aux côtés de La Boucherie et de Courtepaille, fraîchement relancée, la famille Baudaire venait promouvoir le retour d’Assiette au Bœuf et recruter de nouveaux franchisés. L’objectif était clair : accélérer le développement de cette enseigne historique avec un rythme d’environ cinq ouvertures par an.

Le contraste est saisissant. Dans un communiqué publié le 24 juin, le groupe familial annonce avoir sollicité l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce compétent. Une décision présentée comme « un acte de gestion » destiné à préserver l’entreprise, ses salariés, ses franchisés et ses partenaires.

Pour expliquer cette situation, la direction met en avant un double effet de ciseau. D’un côté, le ralentissement de la consommation, alimenté par la crise du pouvoir d’achat, pèse sur la fréquentation des restaurants. De l’autre, le groupe continue de supporter une importante dette héritée de la période Covid-19, contractée pour traverser la crise sanitaire. Selon Alexandre Baudaire, directeur général, cette procédure doit permettre de « préparer l’avenir du groupe » tout en préservant son activité.

Les restaurants restent ouverts

Le groupe se veut toutefois rassurant. Il affirme que la procédure n’aura « aucun impact sur l’exploitation quotidienne » des restaurants intégrés comme franchisés. Les établissements poursuivent leur activité normalement et continuent d’accueillir leurs clients. Baudaire souligne également disposer de « fondamentaux solides », mettant en avant un réseau de 180 restaurants répartis entre plusieurs enseignes : La Boucherie, Courtepaille, Poivre Rouge, Assiette au Bœuf, Constant, KdB et Bistrot du Boucher. Le groupe assure vouloir poursuivre son accompagnement des franchisés tout au long de la période d’observation.

Cette annonce intervient alors que le groupe affichait encore récemment une stratégie de croissance ambitieuse. Lors de Franchise Expo Paris en mars 2026, Morgane Baudaire détaillait à LSA le repositionnement d’Assiette au Bœuf, une marque historique autrefois passée dans le portefeuille d’Agapes, la branche restauration de la famille Mulliez. Le concept, relancé à partir de 2018, s’appuie sur un modèle fortement intégré : atelier de découpe pour la viande, cuisine centrale pour les sauces, logistique mutualisée et offre volontairement simplifiée afin de faciliter l’exploitation en franchise.

Le réseau comptait alors dix restaurants, dont six franchisés, avec un chiffre d’affaires moyen revendiqué d’environ 1,5 million d’euros par établissement. La famille Baudaire expliquait vouloir ouvrir environ cinq restaurants par an afin de structurer progressivement l’enseigne.

Courtepaille au cœur des interrogations

Le redressement judiciaire soulève désormais plusieurs questions sur la poursuite de cette stratégie de développement. Le groupe avait changé de dimension avec la reprise de Courtepaille en juin 2023 et s’était récemment rebaptisé Groupe Baudaire, affirmant sa volonté de devenir un acteur multi-enseignes de la restauration commerciale. Un rachat qui lui vaut peut être ce revers de fortune aujourd’hui.

Reste désormais à savoir quelles entités juridiques sont précisément concernées par la procédure, quelles conséquences elle aura sur les projets de développement en franchise et si les ouvertures annoncées ces derniers mois pourront être maintenues. Pour l’heure, la direction assure que cette procédure constitue une étape destinée à permettre au groupe de traverser une conjoncture jugée exceptionnellement difficile et à préparer son rebond.

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