Mixologie, BIB, cadeaux, sans alcool… Maison Nicolas dévoile un nouveau concept de magasins pour réveiller et rajeunir l’univers des cavistes
La filiale du groupe Castel vient d’ouvrir à Saint-Ouen-sur-Seine, en banlieue nord de Paris, la V1 d’un concept de boutique qui tranche radicalement avec les codes traditionnels du caviste. Couleurs pastel, offre revisitée avec des partis pris forts autour du sans alcool, de la mixologie, des BIB et de nouveaux services : LSA vous fait découvrir en images ce laboratoire d’idées.
Cathy Collart Geiger poursuit méthodiquement le plan de relance de Maison Nicolas, l’enseigne de vins du groupe Castel qu’elle a rejoint il y a un peu plus d’un an, en avril 2025. Sa mission : réveiller une belle endormie assise sur un marché en berne, la consommation de vins en France ayant chuté de 60 % en… 60 ans comme elle le rappelle. Equipe de direction renouvelée pour moitié, changements de nom (Nicolas devenant Maison Nicolas), d’identité visuelle, nouvelle offre, baisse des prix sur 150 références clés dès son arrivée, la directrice générale, ex-PDG de Picard, a multiplié les chantiers en un peu plus d’an an. Place aujourd’hui a une transformation majeure, celle du concept des boutiques. « Il n’avait pas été revu depuis… 30 ans et l’offre, depuis 10 ans », souligne la dirigeante. Pour cette refonte, elle s’est appuyée sur l’agence Malherbe qui a conçu en trois mois un concept dont le moins qu’on puisse dire est qu’il tranche avec l’univers traditionnel des cavistes.
Un pari pour rajeunir l’enseigne
La première unité de cette cave d’un genre nouveau a ouvert vendredi 26 juin, à Saint Ouen-sur-Seine, en banlieue parisienne dans un quartier résidentiel flambant neuf entouré de boutiques et de restaurateurs en pied d’immeuble, dont 1 Picard mitoyen. Avec ses 65 m² de surface de vente, la boutique, une création, est censée couvrir la version premium du concept qui doit se décliner en 3 modules en fonction des configurations et des destinations des points de vente : full, medium et light. Evidement ce laboratoire grandeur nature devrait faire l’objet d’ajustements en fonction des retours des clients et des performances réalisées. Mais l’objectif poursuivi est clair : « innover tout en restant accessible », lance Cathy Collart. Mais aussi rajeunir l’offre et l’enseigne : « Il faut aller chercher des jeunes, seulement 10% de nos clients ont moins de 35 ans », ajoute la dirigeante.
Mobilier modulable, éclairage et couleurs repensés
La transformation est spectaculaire. Fini le caviste sombre, avec une enfilade de bouteilles rangées par couleurs et appellations, où les non-initiés se sentent souvent désorientés. Ici, le magasin est très lumineux – l’éclairage a été repensé par l’agence – et l’offre est organisée en « partis pris » autour d’une douzaine d’aspérités : vins sans alcool, mixologie, BIB, sélection du caviste, cadeaux, etc. Tout le mobilier est modulaire, ce qui permet de modifier la configuration selon les saisons et de décliner le concept en versions medium et light en ne conservant que certains modules.
Les codes couleurs rompent avec l’univers traditionnel du vin : le rouge est très atténué ; le blanc, le sable, le rose et le bleu font leur entrée. Petite touche « arty » : Caroline Derveaux, une artiste locale, a réalisé une grande fresque sur le mur du fond et en façade. Maison Nicolas compte étendre cette démarche à ses nouvelles boutiques en faisant appel à des créateurs locaux, signe d’une enseigne qui veut se rapprocher des territoires avec des sélections locales.
Une vraie place pour le sans alcool, la mixologie et les BIB
Au-delà du look, l’offre a été profondément repensée. Dès l’entrée, deux meubles froids face à face proposent vins, bières et boissons réfrigérés, appréciable en période de canicule. Si un produit vient à manquer, le caviste dispose d’un « chiller » permettant de réfrigérer une bouteille en trois minutes. Deux grands meubles bas, présentés comme des tables, mettent en avant les offres du moment, notamment les rosés. Un troisième meuble, en forme de bar et habillé de faïences, sert de caisse et de coin dégustation.
Maison Nicolas en chiffres
• Fondée en 1872
• Rachetée par Castel en 1988
• 580 magasins, dont 480 en France
• 65 % du parc à Paris et en région parisienne
• 14 ouvertures prévues d’ici la fin de l’année
• Chiffre d’affaires 2024 : 300 M€, en baisse de 5 % en 2025 (prévision)
• 6 franchisés
• Environ 1 000 collaborateurs
Source : entreprise
Les murs accueillent les nouveaux partis pris de l’enseigne, résultat d’un chantier d’offre qui n’avait pas été mené depuis dix ans. « Nous voulions coller aux tendances et adapter nos offres et services, explique la directrice générale, à commencer par les vins sans alcool. » L’enseigne a développé cette offre sous sa marque Nicolas, en s’appuyant sur l’outil de désalcoolisation dans lequel le groupe Castel a investi près de Nantes. Selon la dirigeante, le process permet de conserver les arômes sans ajouter de sucres, contrairement à d’autres procédés. Les ventes semblent suivre : progression annoncée de 30 % selon l’enseigne.
Autre axe fort : les bag-in-box (BIB). Des contenants adaptés non seulement aux apéros estivaux, aux réunions festives, mais aussi aux petits foyers qui fractionnent leur consommation selon l’enseigne. Cathy Collart Geiger rappelle que 71 % des foyers français sont composés d’une ou deux personnes et affirme vouloir « monter en gamme » sur ces produits. L’offre cadeau est aussi mise en avant, avec des arts de la table (verres, ustensiles), un meuble dédié aux magnums (segment sur lequel l’enseigne surperforme) et des services associés, comme la personnalisation de bouteilles avec une machine à graver. Également proposée : une étiquette ornée de cristaux Swarovski pour apposer prénom, chiffre ou initiales (3 € la lettre ou le chiffre). Selon la dirigeante, 8 500 clients ont recours au service pendant les fêtes. Conquise par ces résultats, elle souhaite généraliser la personnalisation, sachant que les achats de fin d’année représentent 21 % du chiffre d’affaires et que la moitié des clients fréquentent l’enseigne principalement à cette période.
Transformer tout le parc d’ici à 2030
La mixologie et l’apéritif ont aussi leur place, avec des meubles dédiés. Une « sélection du caviste » met en avant coups de cœur, produits locaux et originalités. En fin de parcours, un rayon d’épicerie propose olives, biscuits salés, pâtés, ainsi que chocolats et cafés souvent associés à la boisson. L’assortiment de grands crus, cantonné dans une cave au fond du magasin, semble moins abondant que chez certains cavistes ; toutefois, avec environ 800 références, la boutique a réduit son assortiment d’à peine 5 % par rapport à l’ancienne configuration. Les champagnes et mousseux, segments sur lesquels l’enseigne surperforme, ont gagné en visibilité. Les rosés et blancs ont également été mis en avant.
Le déploiement devrait être rapide. Les versions medium et light vont être testées dans les mois à venir, pour une mise en chantier industrielle dès le début de l’année prochaine, avec « une quarantaine de transformations programmées en 2027 », indique Cathy Collart Geiger, et l’ambition de transformer tout le parc d’ici à 2030. Les 14 nouvelles boutiques prévues d’ici la fin de l’année adopteront évidement, elles aussi, tout ou partie du nouveau look.
Par Jérôme Parigi – A retrouver en cliquant sur Source
