E. Leclerc transforme la restauration sur ses aires d’autoroute avant les grands départs en vacances
A la veille des premiers grands départs estivaux, E. Leclerc accélère sa montée en gamme dans la restauration sur autoroute. Après le lancement du premier Marie Blachère Food Court, le distributeur dévoile une stratégie fondée sur les enseignes de restauration, les spécialités régionales et une offre adaptée à tous les budgets. Une activité qui pèse déjà plus de 20 millions d’euros.
Le premier Marie Blachère Food Court, inauguré sur l’aire de l’Estérel (A8), le 10 juin dernier, n’était qu’un début. Quelques jours plus tard, un deuxième concept ouvrait déjà sur l’aire d’Achères Ouest, près de Paris. Derrière cette actualité se dessine une stratégie beaucoup plus large de Sodiplec, la filiale de Siplec (18,7 Mrds€ de CA en 2024) qui exploite les stations-service autoroutières E.Leclerc. « Nous voulons offrir une véritable expérience de voyage, fidèle à l’ADN Leclerc : le meilleur produit au meilleur prix », résume son nouveau directeur, Olivier Joan. Le réseau compte aujourd’hui 23 aires d’autoroute réparties de Strasbourg à Toulouse. La restauration est directement exploitée sur 15 sites, les autres étant confiés à des opérateurs spécialisés (Areas ou Autogrill). A elle seule, cette activité représente 20,3 millions d’euros de chiffre d’affaires hors taxes, auxquels s’ajoutent plus de 40 millions d’euros générés par les boutiques alimentaires du distributeur.
Plutôt que de développer sa propre marque de restauration, E.Leclerc préfère s’appuyer sur un portefeuille de franchises. Le numéro 1 de la distribution travaille aujourd’hui avec Marie Blachère, Burger King, Bistrot Régent, La Croissanterie, Maison Pradier, Origin’R, Crêp’Eat ou encore Sicard, spécialiste de la brioche vendéenne. Le choix varie selon les flux de circulation, la clientèle ou encore la région traversée. « On ne peut pas proposer la même offre à Calais qu’à Saint-Rémy-de-Provence », explique Olivier Joan. L’entreprise revendique une approche très territoriale : « Quand les vacances commencent, la brioche vendéenne n’a pas le même goût lorsque l’on est déjà en Vendée. »
Miser sur les grandes enseignes… mais aussi les spécialités régionales
Cette logique explique le partenariat noué avec Marie Blachère. Au-delà de la notoriété de l’enseigne, les deux groupes revendiquent une culture commune du pouvoir d’achat. « Ce n’est pas du discount, c’est du bon produit au juste prix. On parle le même langage et ils sont capables de co-construire avec nous, ce qui est précieux », souligne le dirigeant. L’évolution des habitudes de consommation pousse également E. Leclerc à revoir entièrement son offre. La cafétéria traditionnelle et le service à table reculent fortement, tandis que les enseignes de boulangerie progressent rapidement. Les boutiques E.Leclerc occupent généralement entre 200 et 300 m² de surface, tandis que les espaces de restauration varient fortement selon les concepts : un Crêp’Eat peut tenir sur une soixantaine de mètres carrés, quand un Marie Blachère Food Court requiert une surface bien plus importante (200 m²).
« La cafétéria traditionnelle, c’est terminé. Aujourd’hui, le vrai business est pris par les marques de boulangerie », constate Olivier Joan. Selon lui, les automobilistes recherchent désormais « du simple, de l’efficace et des enseignes qu’ils connaissent », à l’image de Burger King ou Marie Blachère. Pour rester au contact des nouvelles tendances, Sodiplec multiplie les visites de salons professionnels, notamment Franchise Expo, et teste régulièrement de nouveaux concepts éphémères sur certaines aires saturées pendant l’été. Des food trucks ou des restaurants installés dans des containers, en mode éphémère, pourraient ainsi faire leur apparition lors des prochaines saisons estivales.
Jusqu’à 900 salariés pendant les vacances
Le défi est aussi humain. Les départs en vacances provoquent une explosion du trafic sur certaines aires. L’entreprise passe ainsi de 550 collaborateurs permanents à 850 voire 900 salariés durant l’été (beaucoup de stagiaires d’été). Certains sites voient leur fréquentation multipliée par dix entre la journée la plus calme et la plus chargée de l’année. Entre le 15 juillet et le 15 août, les samedis constituent le pic absolu. « Nous savons que les infrastructures ne sont pas dimensionnées pour absorber ces flux exceptionnels. Sinon, nous construirions des cathédrales vides le reste de l’année », reconnaît Olivier Joan.
Les boutiques E.Leclerc sur autoroute sont pensées comme une sélection forcément resserrée de l’offre des hypers. Selon leur taille, elles proposent entre 3 500 et 4 500 références, contre près de 80 000 dans un hypermarché. L’assortiment est largement dominé par les produits du quotidien des voyageurs : les produits frais représentent 29 % de l’offre, devant l’épicerie (26 %), dont 11,2 % pour la seule biscuiterie salée et sucrée, et le rayon liquides (19 %). Pour suivre le rythme des départs en vacances, ces points de vente sont réapprovisionnés jusqu’à une vingtaine de fois par semaine pendant la haute saison.
Les équipes sont alors renforcées jusque sur les parkings afin de fluidifier les arrivées des vacanciers. Si le partenariat avec Marie Blachère marque aujourd’hui les esprits, E. Leclerc n’entend pas uniformiser son réseau. Chaque nouvelle concession fera l’objet d’une réflexion spécifique afin de concilier pouvoir d’achat, identité locale et nouvelles attentes des automobilistes. Une manière, pour le distributeur, de faire de la pause sur autoroute un levier de fidélisation autant qu’un relais de croissance.
Principaux chiffres sur les stations autoroutes d’E. Leclerc :
- 23 aires d’autoroute exploitées par E.Leclerc
- 15 aires où la restauration est exploitée directement en franchise par le distributeur
- 20,3 M€ HT de chiffre d’affaires restauration en 2025
- Plus de 40 M€ de chiffre d’affaires pour les boutiques
- 550 salariés à l’année
- 850 à 900 salariés pendant l’été
- x10 entre la plus faible et la plus forte journée d’activité sur certaines aires
Par Nicolas Monier – A retrouver en cliquant sur Source
Source : E. Leclerc transforme la restauration sur ses aires d’autoroute avant les grands départs en vacances